lundi 9 février 2009

5 Bonnes raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button"

Petite séance en salle obscure samedi soir en compagnie de mes acolytes habituels, Stéph & Laurent, Nadia, myself et Isa qui s’était adjointe à la bande de gai-lurons le temps d’un week-end pluvieux à Saint-Jean-de-Luz. Pas trop de choix pour cette charmante bourgade dont l’unique cinéma possède 2 salles proposant chacune un film par semaine. La sélection fut donc vite faite quoique le film ne fut pas en VO – sacrilège – mais vulgairement traduit en langue vernaculaire. Non… pas en basque, fort heureusement : en Français... 

Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler le prétexte du film : l’histoire extraordinaire de Benjamin Button qui – né atteint de tous les maux dont souffrent ceux qui ont atteint le crépuscule de leur existence – va rajeunir physiquement au fur et à mesure que Dame Nature opère son irréversible transformation sur le reste de l’humanité.

Pourquoi devez-vous aller voir ce film ?

Tout d’abord, 5 MAUVAISES raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button" :

Mauvaise raison n°1 : C’est Brad Pitt qui tient le premier rôle. So cute…

Mauvaise raison n°2 : Cate Blanchett est magnifique. So lovely…

Mauvaise raison n°3 :  Tout le monde dit de ce fim qu’il est hyper-bien donc c’est sûrement qu’il est hyper-bien. CQFD !

Mauvaise raison n°4 : Les effets spéciaux sont très réussits (Ouaaaaaah trop bien comme il est vieilli Brad Pitt !!)

Mauvaise raison n°5 : C’est David Fincher qui réalise, CQFD … !

Même si c'est un peu futile et facile comme ensemble d'arguments, en soi c'est déjà pas mal. Mais tentons d'aller un petit peu plus loin dans notre esquisse de critique. Car voici 5 vraies BONNES raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button":

Bonne raison n°1 : Brad Pitt (So cute…) et Cate Blanchett (So lovely) sont magnifiques.

Bonne raison n°2 : Les personnages secondaires sont bien brossés, attachants, solidement campés et irradient admirablement l’écran.

Bonne raison n°3 : Visuellement c’est très beau, la photographie très réussie, les costumes et les décors ne souffrent aucun reproche, les effets spéciaux sont presque invisibles on y croit ! Le film recèle quelques scènes absolument splendides de poésie  dont je vous laisse découvrir la teneur, mais je ne résiste pas au plaisir d'en évoquer sommairement une, particulièrement belle, qui semble-t-il a marqué unanimement notre club des 5 : celle où Benjamin emmène son père mourant en bord de mer pour admirer un lever de soleil. C’est sans artifice, juste la force de l’émotion qui parle… On en redemande !

Bonne raison n°4 : La bande sont est SOMPTUEUSE de bout en bout !! Arrrrgh … quelques accents debussystes par-ci, quelques harmonies ravéliennes par là… des tentatives de dialogue de temps à autre…  dans un esprit que j’ai trouvé très "français”" Que du bonheur !

Bonne raison n°5 : Le film est VRAIMENT très beau, à tout point de vue : drôle, piquant, romantique, une fin idéalement lacrymogène… tout ce qu’il faut là où il faut. Sa notoriété n’est pas usurpée… Seul bémol s'il en fallait un : l'aller-retour un peu pesant entre le film et le récit qui en est fait, et à bien y réfléchir je me pose même la question de sa réelle utilité. Le rythme du film s'en trouve régulièrement rompu et ce sont autant d'occasions pour faire retomber la douce poésie vaporeuse dans laquelle on commençait à se lover agréablement.

Bonne raison n°5 bis (oui, c’est une petite entorse à ce que j’ai annoncé in limine ^^) :  Les 2h40 que durent le film passent comme une lettre à la poste…  Que demande le peuple ? Du pain ? Voici des brioches !!


Enfin, quelques répliques qui m’ont
marqué, peut-être parce qu’elles entrent en résonnance avec des
préoccupations qui me sont actuelles :

" Rien ne dure "
[C’est pourquoi il faut savourer chaque instant]

" Je te souhaite d’avoir une vie dont on peut être fier. Et que si tu t’aperçois que ce n’est pas le cas, que tu auras la force de recommencer "




vendredi 6 février 2009

Mon oeil !

Petite variation débilitron d’une publicité trouvé ce soir dans ma boite à lettres…

Monsieur DIABY
Célèbre VOYANT MEDIUM, connu pour ses rutabagas de bois rapide et l'efficacité de ses cassettes vidéo. Résout beaucoup de problèmes même les plus désespérés, amour, retour immédiat de l’être cher, fidélité entre les clous rouillés en colère, protection contre les bazookas aux tantes, désenvoûtement rapide, chance aux cheveux longs alpins, clientèle dans le coléoptere, examen, problème de santé, arrêt de l’alcool, impuissance sexuelle, etc… travail 100% garanti, pouilleux et efficace. Reçoit sur rendez-vous de 8H à 19H. Ne soyez pas désespérés, chaque problème à une classification périodique apathique, nous la trouverons ensemble. L'excavation vous sourira. Résultat très rapide.

Bon week-end !

mardi 3 février 2009

Episode 1 : Astrid le hamster tétraplégique de l'arrière train

 

Les aventures trépidantes de Astrid,

le hamster tétraplégique de l'arrière train

 

Episode 1 :

 

Astrid, le hamster tétraplégique de l'arrière train

 

Prologue

 

« Le lendemain du quatrième jour où il avait créé des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit, Dieu, qui s'était un peu laché sur la Margarita et la Libanaise, décida de s'amuser un peu avec la création. Après avoir réfléchi longuement et s'être gratté les moustachesà de nombreuse reprises (hé non, contrairement aux représentations naïves de l'iconographie populaire, Dieu ne porte pas une belle longu e et soyeuse barbe blanche, mais bel et bien une fière moustache, soigneusement brossée soit dit en passant, noire d’ébène. Nous tenions à ce que la vérité éclate aux yeux du monde - c’est désormais chose faite), revérifié la théorie fractale des métacordes à diametroscopie convergente (théorie non encore découverte par nos géniaux savants et qui devrait révolutionner la culture des pissenlits sous serre en milieu marécageux) et rationalisé la recette des pancakes à la crème de castor, Dieu créa diverses créatures stupides telles que le phytochondron laineux, la marmouche cendrée, Larusso, Lââm et la girouflette hydorcéphale rieuse. Mais finalement, au bout de quelques gratouillages de moustaches supplémentaires, il se rendit compte de l'inanité de ces bébêtes, se ravisa et créa ce chef-d'oeuvre absolu du règne animal : le hamster.

Et Dieu vit que cela était bon.

Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour. » 

Toute ressemblance avec des faits, des lieux et des personnages existants ou ayant existé, serait totalement fortuite.

Ou pas...

 

* * *

Blotti derrière sa touffe de paille et les menus barreaux de sa cage en plastique jaune, Astrid menait bon-an mal-an sa petite vie insipide de rongeur facétieux. Itinérant de sa roue cage qui fait « krrrrrrrrrrrrrr » à la gamelle à friandises régulièrement remplie par ses heureux propriétaires – la famille Cabécou - Astrid ne rêvait que d'une chose : conquérir le monde. Mais c'est un tout autre sors que le Destin lui avait réservé, bien loin des immenses steppes de l'asie centrales et des vastes villes où pullule l'activité humaine. Ses deux membres arrières à jamais engourdis par les méfaits d'un matou un peu trop gourmand qui lui avait asséné un redoutable coup de patte en prélude à ses canines acérées, et des crocs duquel il avait réchappé de justesse grâce à l'irruption providentielle de Noémie, la cadette, hurlant à la mort parcequ'elle s'était collé un chewing-gum dans les cheveux, Astrid avait dû revoir ses intentions dominatrices sévèrement à la baisse et limiter son royaume aux quelques centimètres-carrés de son antre plastifiée. Maigre revanche pour un esprit conquérant de son espèce... Il n'était pas très malheureux en réalité. Mais pas très épanoui non plus. Ses journées se limitaient à quelques galipettes acrobatiques dans la roue cage, se remplir la panse, essaimer quelques crottes par-ci par-là, et faire la sieste dans la paille, contemplant d'un oeil résigné le vaste monde observable à travers les barreaux de sa cage : le salon de la famille Cabécou et un bout de verdure à travers une lointaine fenêtre donnant sur la rue. En fait il lui arrivait même de penser au suicide : se livrer tout entier à l'estomac d'un matou affamé, se jeter héroïquement dans un mixer en marche, ou sauter dans la gueule béante de l'aspirateur... ce ne sont pas les idées qui manquent. Néanmoins, son handicap le privant d'une grande partie de sa mobilité, c'est déjà à grands frais qu'il se hisse en haut de la mezzanine de carton aménagée en haut d'un rouleau de papier WC vide. Alors, de là à tenter des exploits pareils... Astrid se contentait donc de sa pathétique petite vie peinarde de hamster. 

De façon tout à fait incidente, et avant d'aborder à proprement parler les aventures trépidantes de Astrid, notre hamster tétraplégique de l'arrière train, nous tenons à rassurer nos lecteurs.

Oui, vous avez bien lu : nous parlons de Astrid au masculin. Car contrairement aux apparences, Astrid n'est pas une femmelle hamster mais bien un mâle, et même sacrément gâté par la nature. Il aurait certes préféré arborer le nom de grands héros de l'histoire dont on raconte encore aujourd'hui les exploits dans les livres : Alexandre, César, Charlemagne ou Napoléon, mais encore une fois le Destin en avait décidé autrement par le truchement d'une idée saugrenue de Noémie la peste qui voulait absolument baptiser le petit animal Astrid, en hommage à sa poupée préférée disparue inopinément dans un accident d'essoreuse meurtrière. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille...

Mais venons en à nos moutons... enfin, ... à notre hamster.

Ce jour là était on ne peut plus ordinaire pour Astrid, c'est à dire d'un ennui assommant. Pourtant, Astrid ne le savait pas encore, mais sa bonne étoile allait briller intensément comme jamais bonne étoile avait brillé au firmament d'un rongeur.

A suivre…