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jeudi 27 novembre 2008

Hands up to the ceiling

 

J'aime bien mon bureau. C'est un endroit dans lequel je passe beaucoup de temps. Une vaste pièce carrée de 4 mètres par 5, assez haute de plafond et donnant sur les toits de tuiles rouges. Les deux grandes fenêtres y laissent entrer une abondate lumière qui filtre à travers le ciel dont je peux admirer à loisir le bleu profond ou, à l'inverse, la mer de nuages blancs ou noirs. Alors que le froid de novembre engourdit les membres, ici il fait si bon, la clarté si réconfortante, perché au deuxième étage loin des tumultueux étudiants...

 

Assis à mon bureau, les coudes confortablement calés, le regard se perdant vaguement au centre de l'écran de mon vieil ordinateur, j'ouvre mon blog pour voir ce qu'il s'y passe, qui m'a laissé un commentaire, qui est venu me lire... toutes ces petites choses que font sûrement les bloggueurs plusieurs fois par semaine afin de satisfaire ce petit coté narcissique sans lequel on se sent vide.

La page s'ouvre, lentement, le disque dur se met en branle façon moissoneuse batteuse, puis vient l'accalmie lorsqu'émerge la douce voix de Tracey Thorn sur un accompagnement de guitare accoustique mêlé de quelques notes de piano électrique :

 

Here is the street and here is the door
Same as it was before
And up the stairs and on the wall
Is .... Kiss and Terry Hall
And Siouxsie Sioux and Edwin too
And Bobby Dee in '63
And everything I knew was good
And like it was just understood

Now I need that feeling
I'm reaching for that feeling
Hands up to the ceiling

And the rain came down on a cold, gray town
And I showed myself to them
And I went underground
Then I closed my eyes
And something passed me by
I didn't even try
And I don't remember why

And now I need that feeling
I'm reaching for that feeling
Hands up to the ceiling

Hands up to the ceiling

 

J'aime beaucoup cette chanson. Elle me correspond assez pour quelques aspects de ma vie. De nature généreuse et toujours à cent à l'heure, je suis pourtant un grand calme introverti. Je ne me confie pas facilement et, si mon sourire et mon entrain sont ma signature, au fond de moi reste toujours un noyau de douce mélancolie paresseuse que je ne laisse que rarement transparaître. Je ne sais que trop bien que l'humour est une arme, redoutablement efficace. Politesse du désespoir dit on. Oui... parfois.

Chaque fois que je l'écoute, dès les premières mesures j'ai l'impression étrange d'être nu, qu'elle pénètre profondément dans des recoins de mon cerveau dont j'ignore l'existence, et qu'elle remet à flot un certain nombre de choses que j'avais oubliées ou occultées. Une envie de me blottir très fort au chaud, comme une soif de réconfort, que quelqu'un me serre tout contre lui et, tel à un petit garçon perdu, me dise que ce n'est rien, que tout va bien.

 

Les choses pourraient être tellement simples...

La vie est facétieuse.

 

And now I need that feeling ...

... I'm reaching for that feeling ...

... Hands up to the ceiling

 


Tracey Thorn :



 

 

Impressions d'un jeudi après midi presque ordinaire...

 

 

 

vendredi 3 octobre 2008

Le rythme et la cadence...

Journée musicale en ce jeudi qui s'achève sur les rives de mon clavier d'ordinateur !

Festival Toulouse Les Orgues oblige, et assistant de registration comme de coutumée, ce sont pas moins de 7h30 de répétition qui ont agrémenté ma journée en plus de mon travail "sérieux". Le plus agréable fut sans doute, outre une répétition au Taur avec une assez belle oeuvre de Litaize pour orgue et cor, la répétition de ce soir à la Cathédrale en compagnie de Stéphane, Fabienne et Matthieu pour un concert à 4 mains autour de transcriptions d'oeuvres de Brahms (finale d'une symphonie), Mozart (ouverture de la Flûte enchantée) et Ravel (Le Tombeau de Couperin). J'aime tout particulièrement cette dernière oeuvre, pour plein de raisons. Je ne sais pas en fait laquelle prédomine : les harmonies agréablement dissonantes de certains passages du menuet, les thèmes tendrement nostalgiques qui émaillent ça et là les 4 mouvements, les couleurs chaudes dont Ravel avait le secret, la beauté d'une ligne musicale simple et épurée qui réveille en nous pourtant des émotions puissantes, la virtuosité débridée au service d'une expressivité gracile sans jamais concéder à la vulgarité... Insurpassable Ravel...!

Il y a en outre dans l'un des mouvements, un passage presque médiévalisant qui me transporte chaque fois très très loin, au pays de souvenirs encore vifs, un temps pas si lointain... qui me hante et fait jaillir en moi des vagues nostalgiques et de romantisme exacerbé. D'ailleurs, cela me fait systématiquement penser à l'un des trois textes écrits par Ravel lui-même alors qu'il attendait d'être enrôlé dans l'armée, et mis en musique par ses propres soins, regroupés sous le titre commun de "Trois Chansons".

Je vous en livre ici la teneur de la troisième de ces chanson, intitulée "Ronde":

Ronde

[Les vieilles]
N'allez pas au bois d'Ormonde,
Jeunes filles, n'allez pas au bois:
Il y a plein de satyres, de centaures, de malins sorciers,
Des farfadets et des incubes,
Des ogres, des lutins,
Des faunes, des follets, des lamies,
Diables, diablots, diablotins,
Des chèvre-pieds, des gnomes, des démons,
Des loups-garous, des elfes, des myrmidons,
Des enchanteurs et des mages,
Des stryges, des sylphes, des moines-bourrus,
Des cyclopes, des djinns, gobelins,
Korrigans, nécromants, kobolds ...

[Les vieux]
N'allez pas au bois d'Ormonde,
Jeunes garçons, n'allez pas au bois:
Il y a plein de faunesses, de bacchantes et de males fées,
Des satyresses, des ogresses et des babaïagas,
Des centauresses et des diablesses,
Goules sortant du sabbat,
Des farfadettes et des démones,
Des larves, des nymphes, des myrmidones,
Hamadryades, dryades, naïades, ménades, thyades,
Follettes, lémures, gnomides,
Succubes, gorgones, gobelines ...
N'allez pas au bois d'Ormonde.

[Filles et garçons]
N'irons plus au bois d'Ormonde,
Hélas! plus jamais n'irons au bois.
Il n'y a plus de satyres, plus de nymphes ni de males fées.
Plus de farfadets, plus d'incubes,
Plus d'ogres, de lutins,
De faunes, de follets, de lamies,
Diables, diablots, diablotins,
De chèvre-pieds, de gnomes, de démons,
De loups-garous, ni d'elfes, de myrmidons,
Plus d'enchanteurs ni de mages, de stryges, de sylphes,
De moines-bourrus, de cyclopes, de djinns,
De diabloteaux, d'éfrits, d'aegypans, de sylvains, gobelins,
Korrigans, nécromans, kobolds ...
N'allez pas au bois d'Ormonde,
Les malavisées vieilles,
Les malavisés vieux
Les ont effarouchés. Ah!

Je ne vous mets pas la musique, vous aurez soin d'aller débusquer le CD chez votre revendeur favorit. Je vous mets en garde tout de suite, avant que vous ne commettiez l'irréparable : les versions sur Youtube et Dailymotion sont plus qu'hideuses !!

 Et bon anniversaire à Anouck & Bruno !

mercredi 4 juin 2008

Découverte musicale : Bonobo

 

Connaissez-vous Bonobo ?

 

Non, non, pas le primate qui vit en Afrique Centrale...

 

Bonobo, le compositeur  / DJ ...?

Non ?

 

Vous êtes tout excusables car j'ignorais moi aussi l'existence de cet individu voici seulement encore quelques semaines.

Tout à commencé par une discussion MSN (là même que celle relative à Horse With No Name si mes souvenirs sont exacts). Mon interlocuteur m'envoie un lien Youtube vers un truc un peu bizarre.

"Tu connais Scuba ?

- Non....

- Alors écoute ça ! "

Après avoir écouté ce truc 10 fois, séduit par je ne sais trop quoi, je me décidai à découvrir le reste de l'oeuvre du bonhomme. Je n'ai pas été déçu !

Je vous invite à écouter l'extrait mis en vidéo tout en haut de cette page, de faire un tour par ici, et de faire un tour sur son MySpace (voir ma liste de sites que j'aime).

 

vendredi 9 mai 2008

Tambourinade sans nom

Hier soir je discutais sur MSN avec un ami et nous évoquions avec passion les titres de quelques chansons qui nous faisaient vibrer l’un et l’autre lorsque le consensus se fit autour du mythique "Horse with no name".
Ceux qui ignorent tout de cette chanson peuvent l’écouter en cliquant sur ce lien.

On a tous notre ou nos chansons favorites, qui, connues ou inconnues, nous transportent loin loin loin, et qui, pour une raison ou une autre, soit nous arrachent les larmes des yeux, soit vous redonnent un moral en acier trempé. "Horse with no name" fait indiscutablement partie de mon panthéon à moi, quelque part entre "Mon légionnaire" de Gainsbourg, "Billy Jean" de Mickaël Jackson, quelques mélodies de Fauré, et j’en passe.

M’étant vanté, peut être un peu rapidement, de connaître quasi par cœur le texte de cette chanson, et m’apercevant que la réalité est un peu moins flatteuse lorsque je ne chante pas sur la musique, je me mis à la recherche des paroles sur le Net. Non pas qu’elles fussent d’une particulière complexité, mais j’avais ça et là quelques hésitations sur le texte. J’entrai donc "Horse with no name paroles" dans mon moteur de recherche favori et obtenais en quelques secondes la réponse à ma requête.
Voici d’ailleurs les paroles de ce tube planétaire :


Horse with no name
On the first part of the journey
I was looking at all the life
There were plants and birds and rocks and things
There was sand and hills and rings
The first thing I met was a fly with a buzz
And the sky with no clouds
The heat was hot and the ground was dry
But the air was full of sound

Ive been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
cause there aint no one for to give you no pain
La, la ...

After two days in the desert sun
My skin began to turn red
After three days in the desert fun
I was looking at a river bed
And the story it told of a river that flowed
Made me sad to think it was dead

You see Ive been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
cause there aint no one for to give you no pain
La, la ...

After nine days I let the horse run free
cause the desert had turned to sea
There were plants and birds and rocks and things
There was sand and hills and rings
The ocean is a desert with its life underground
And a perfect disguise above
Under the cities lies a heart made of ground
But the humans will give no love

You see Ive been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
cause there aint no one for to give you no pain
La, la ...

Soudain, j’eus l’idée loufoque de chercher à comprendre l’exact sens de ces paroles. Oui, j’ai des idées étranges parfois, il serait temps que vous vous en rendiez compte… Je me lançai par conséquent avec délices dans un petit travail de version et d’exégèse.

Voici donc la traduction suivie des commentaires qu’elle m’a inspirés.

Dans la première partie du voyage
Je regardais toute la vie
Il y avait des plantes et des oiseaux et des rochers et des choses
Il y avait du sable et des collines et des anneaux

Mwé mwé mwé… Du sable et des collines, je veux bien. Mais des anneaux ? Même en anticipant un tout petit peu sur le texte en vous disant que l’histoire est censée se dérouler dans le désert (ouep, le mec il est allé dans le désert avec un cheval sans nom), je crois que le soleil a dû frapper très très fort. Faut toujours mettre un chapeau quand on s’expose au soleil, ma maman me l’a toujours dit. Et il faut boire aussi… de l’eau ! La suite n'es pas piquée des vers non plus...

La première chose que j'ai rencontré était une mouche bourdonnante 

Carrément ! Une mouche bourdonnante ! Dans le désert on est pourtant nettement plus enclin à croiser des dromadaires, des chameaux, des serpents ou des scorpions qu’une mouche bourdonnante. M’enfin…admettons…


Et le ciel sans nuages
La chaleur était chaude et le sol était asséché. 

Quand le sublime confine au grandiose. Vous remarquerez la splendide figure de style : « la chaleur était chaude ». Ce n’est pas sans rappeler un sommet de la musique française du début des années 2000 « le feu ça brûle et l’eau ça mouille ». En plus il y a plein de façons de caractériser la chaleur : étouffante, assommante, terrible, mortelle, supportable… je ne vais pas tous les passer en revue. Un surréaliste aurait pu écrire que la chaleur était glaciale et que le sol était plein de nuages, mais il faut croire que l’audace n’était pas de mise ce jour là.

Mais l'air était plein de bruit.

Encore une rave-party !  Ou alors des essaims de mouches bourdonnantes...?


J'ai traversé le désert sur un cheval sans nom

Un cheval sans nom ? C’est tout ce qu’il a trouvé pour singulariser son canasson ? Nan passke déjà,un cheval sans nom ça n’existe pas ! Demandez à Homar Shariff pour voir… La suite du texte laisse poindre une autre explication. Rendez-vous quelques lignes plus bas.

Ca faisait du bien de sortir de la pluie 

Alors, sortir de la pluie, je veux bien. Personne n'aime ça, la pluie. Ca fout le moral à zéro. C'est tout pourri. En revanche, la suite ne lasse pas de me surprendre...

Dans le désert tu peux te souvenir de ton nom
Parce qu'il n'y a personne pour te faire souffrir.

Parce que lui quand on lui dit « Bouh t’es qu’un rô vilain » il oublie son nom ? faut pas être si émotif mon gars ! La vie elle est dure hein ! Non, mais je vous le demande : où a-t-on vu que la souffrance faisait oublier son nom ? Je ne parle pas de torture, de gégène ou de tabassage entrecoupé d’apnée forcée dans une baignoire, ce qui peut effectivement faire perdre la mémoire, dans le meilleur des cas… Ou bien alors, on pourrait émettre une hypothèse alternative : s’il se rappelle son nom passke y’a personne qui fait son vilain avec lui, en revanche il en a oublié le nom du cheval ! Et là-dessus, il nous sort l’argument à la con que le cheval n’avait pas de nom. Faudrait arrêter de nous prendre pour des débiles mentaux ! On a compris le shtib !!

Après deux jours dans le soleil du désert 
Ma peau a commencé à virer au rouge

Nous ne saurions que vivement recommander à nos lecteurs de ne pas suivre l’exemple inconsidéré de cet individu qui s’expose au soleil en plein désert sans utiliser de crème solaire. Pensez à votre capital soleil et aux mélanomes de la peau qui n’attendent que de se faire titiller par les UV pour vous pourrir la vie. Sortez couverts ! En plein désert en plus, il suffit de quelques secondes pour être cramé et se transformer en homard écarlate.

Après trois jours dans les distractions du désert
Je regardais le lit d'une rivière
Et l'histoire parle d'une rivière qui coulait 
Ca m'a rendu triste de penser qu'elle était morte. 

Des distractions hein ? Oué, j’ai bien compris : il s’est shooté comme une brute avec des cactus hallucinogènes. Et de quelle histoire parle-t-il ensuite ? Hein ? Faut arrêter la fumette ! Vous noterez encore une fois l’extrême émotivité de type qui pleure comme une madeleine à cause d’une rivière asséchée qu’il n’a jamais connue. Vous allez voir un tout petit peu plus bas que le fumage inconsidéré de cactus peut nuire gravement à la santé.

Tu vois j'ai traversé le désert sur un cheval sans nom 
Ca faisait du bien de sortir de la pluie 
Dans le soleil du désert tu peux te souvenir de ton nom
Parce qu'il n'y a personne pour te faire souffrir 


Après neuf jours j'ai laissé le cheval s'enfuir 

Ca c’est pas malin du tout ! Non seulement tu es à pied et donc tu te fatigues encore plus, mais en plus ton canasson il va crever tout seul dans le désert… Mais que fait Brigitte Bardot ?

Parce que le désert était devenu une mer 

Quand je vous parlais des méfaits des cactus hallucinogènes, nous y voici en plein…

Il y avait des plantes et des oiseaux et des rochers et des choses 
Il y avait du sable et des collines et des anneaux 
Et un déguisement parfait dessus 
Sous les villes repose un coeur fait de terre 
Mais les humains ne donneront pas d’amour. 

Je ne m’aventurerai pas à commenter ces quelques phrases dont la portée philosophique m’échappe sûrement. L’image océan/désert n’est pas très audacieuse mais elle est jolie, quoiqu’éculée. Quant au reste... je vous laisse tirer vous mêmes les conclusions que vous voudrez !

Après en avoir ainsi piétiné allégrement les paroles, vous serez certainement amenés à croire que je déteste cette chanson finalement bien ridicule. Hé bien détrompez vous...Que nenni !

Au risque de vous décevoir, elle fait toujours partie de mes tubes préférés, envers et contre tout.  A n'en pas douter la musique, l'arrangement, y est pour beaucoup, et la musicalité des paroles également. Ce que je lui trouve ? Ben, je ne sais pas trop… Elle me plait et c’est tout. Dès les premières mesures je suis tout frissonnant...

Le cœur a ses raisons que la raison n’a pas !

Laaaaaaaaa laaaaaaaaaaaaaa...

vendredi 22 février 2008

Digressions printanières.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques jours, ça sent le printemps. Les arbres dardent de petits boutons verts gorgés de sève prets à éclater au premier rayon du soleil, des odeurs doucereuses aguichent les narines les plus récalcitrantes. Les mimosas se sont parés d'or, exhalant des fragrances ennivrantes, de minuscules fleurs blanches maculent des arbres à l'écorce noire comme la mort et distilent de suaves senteurs qui tournent les sens... J'aime tout particulièrement cette période de l'année où peu à peu la nature renait du sommeil dans lequel le froid de l'hiver l'avait plongée. Bientôt le mois de mars et le véritable printemps qui se déploira tout en chlorophylle jusqu'à ce que Juin nous apporte l'été, ses senteurs fauves, ses lumières d'une beauté indicible aux extrémités du jour, que ce soit le faste d'un lever de soleil sur la campagne ou le porpre du couchant sur la brique qui embrase la ville. Et les nuits... Pour l'instant, tout n'est qu'en gestation, Dame Nature porte en elle un potentiel d'émerveillement à nul autre pareil. Véritablement commencent en ces jours les premières manifestations de ma saison préférée. Se balader en ville en ce moment est un ravissement.

Cela me fait penser à ces photos spectaculaires du Japon et de ses cerisiers en fleurs qui innondent le ciel de flocons légèrement rosés.  Ou encore ces dessins d'une stupéfiante simplicité et pourtant d'une invraisemblable complexité de réalisation qui demandent des années d'entraintement à l'artiste.

 


 

Une émission que j'aime particlulièrement est Tracks sur Arte. L'émission de l'art et de la culture un peu à contrecourant et underground qui montre la vraie vie artistique telle qu'elle se vit en Europe. Musique, expo peinture, photo, performances, architecture, tout y passe, sur un ton léger, vif et sérieux, servi par la douce voix  de Rebecca Manzoni (que l'on retrouve aussi sur France Inter.. quand la qualité s'exporte, je suis preneur !). La semaine dernière j'y ai croisé une artiste jusqu'alors inconnue de moi, Roisin Murphy dont vous entendez un extrait de son dernier album sur le lecteur WMP de ce blog.  


L'émission présentait la belle sur scène lors d'un de ses derniers concerts quelque part en Europe, dégageant une vrai énergie à laquelle le public paraissait tout à fait réceptif. Après les six albums de Moloko, Roisin vient de sortir son deuxième disque solo « Overpowered », un hommage appuyé à la vie nocturne dans les clubs. Overpowered est à mon avis de loin le meilleur morceau de l'album que je n'ai pas encore pris le temps d'écouter attentivement. J'ai tout de suite accroché au son très "electro-club" un peu saturé qui tourne en boucle sur son déhanchement très cadré finalement. Et puis ma fois tout ça balance pas mal du tout, sans agressivité, c'est soigné, propre, la voix est agréable sans prétention ni vouloir en faire des tonnes... Berf, de la bombe atomique, en toute simplicité. C'est bien simple, j'ai écouté ça en boucle toute la soirée. C'est au moins aussi puissant que "Breathe" de TelepopMusic que je vous passais tantôt sur ce même blog. Hé non ! Il n'y a pas que Bach et Messiaen dans la vie, ce serait bien con de s'en priver...

21 Février, déjà ! Dans quelques semaine je m'envole pour de lointains horizons... si loin si proche ! Et dire que ce projet est en préparation depuis... novembre ! Et dans quelques semaine ce sera réalité... j'avoue avoir du mal à le réaliser encore mais mon emploi du temps ne me laisse guère le temps d'y réfléchir. Ca va me faire drôle de faire TD le mardi puis de prendre la poudre d'escampette le lendemain matin pour filer à 7000 Km de là ! Mais quelle exitation aussi... arf... D'ici là, j'ai un milliard de choses à faire, à prévoir, à anticiper, à décider, à vivre... Je ne sais plus me projeter dans l'avenir au delà de quelques jours. Je ne sais plus, ni ne veux plus : je préfère profiter du présent, il est tellement riche.

Vous aurez certainement noté le caractère quelque peu décousu de ce billet... oué, je sais, c'est pas bien, ma maman m'a toujours dit de ne pas le faire. Mais je suis un vilain garçon qui n'obéit pas toujours que voulez-vous !

lundi 4 février 2008

Week end

 
Un week end tranquille comme je les aime, ça fait un bien terrible après une semaine rudoyante pour les nerfs (je ne vous la raconterai donc pas, elle a déjà été oubliée).
 
Samedi matin fut l'occasion d'une traque impitoyable contre la poussière qui se fait régulièrement une joie de s'accumuler sous le moindre centimètre carré de meuble en de petits nuages duveteux voletant au gré des courants d'air. Un grand coup d'aspirateur aura eu raison de ces envahisseurs disgracieux. Ensuite, séance élagage chez le coiffeur afin de défricher l'épaisse tignasse qui me faisait office de chevelure puis direction la salle de sport où j'ai une fois encore appliqué studieusement la fameuse théorie savamment mise au point par mes soins, celle dite de la douleur maximale qui se traduit pas la maxime suivante :
 
"Plus ça fait mal, ben... plus ça fait mal".
 
On dirait du Shadock ; ils ne l'auraient sûrement pas reniée.
L'idée : très simple. Vous avez mal partout ? Ben c'est qu'on peut aller encore plus loin. Maso moi ? Oui, sûrement. Et fou aussi. Mais ça, vous vous en doutiez déjà un peu. Non ?
Les jambes encore tuméfiées par une séance de squat rondement menée, je me dirige vers St Jérôme pour la messe de 18h15. Hop hop hop, on enchaîne les chants et les répons dans les tonalités les plus exotiques, passant allègrement d'à peu près fa majeur à environ sol mineur d'une phrase à l'autre... enfin, bref, 19h20 et me voici à Monop' pour faire quelques courses d'extrême urgence et remplir mon frigo à l’aide de quelques victuailles élémentaires pour tenir quelques jours encore. Moutarde, chutney, pâte de curry et wazaby ne nourrissent pas un homme… Alors un Tambour Major vous pensez !
Entre temps, un coup de fil de Laurent qui me propose une virée dans les bas-fonds de la nuit Toulousaine... Synchronisation des montres ! Rendez-vous pris à 23 heures...  De retour à la maison, je me pose un peu, échange quelques mots sur MSN avec Juju, réconforte Franky qui vient de rompre, fais un bisou à Orléans, et avale une plâtrée de légumes qui tenaient compagnie à une pièce de boeuf fondante à souhait. Un café, et zou, je file en ville rejoindre mon acolyte. Au programme : bars parallèles. Ce n’est pas encore une discipline olympique, mais on y travaille.
2H du matin, halte kébab rue de la colombette histoire de remettre l'estomac d'aplomb et de reprendre quelques forces avant l'étape suivante qui sera aussi la dernière de la nuit. C'est étrange comme tout d'un coup la rotation de la terre paraît évidente...
 
Quelques litres de bière plus tard, nous regagnons nos pénates pour une courte nuit de sommeil à une heure où les premièrs lève-tôt dessinent sur les façades des immeubles des grilles de mots-croisés géants que les rayons du soleil résoudront d’un coup lumineux de gomme .
 
Ce matin, réveil à 11heures. J'ai l'impression d'avoir une barre à mine enfichée dans le crâne. Putain... je ne pensais pas avoir bu autant. Et pourtant... ! Ce doit être les mélanges d'un peu tout qui ne m'ont pas réussi. J'avale mes vitamines, une douche et hop direction chez Bapz où Laurent m'attend pour un brunch so british.
Ma première tasse de café de la journée (… un moment inoubliable…), jus de fruit, scone tout frais, œufs brouillés, french fries, salade, fruits émincés… C’est vraiment bon. Le cadre est très cosy, l’ambiance conviviale et chaleureuse. « Un dessert ? » demande d’un air faussement naïf la serveuse ; je jette mon dévolu sur une orgasmique tarte tiède au chocolat, arrosée d’un second café bienfaisant, tandis que Laurent esquisse sur sa serviette en papier les schémas de la dernière ponction hépatique réalisée l'avant-veille.
Il est 14h25. Nous nous dirigeons vers le Capitole. Laurent se décide à entreprendre une séance de sport et je l’abandonne à son destin, m’apprêtant à affronter le mien : cet après midi j’avais rendez-vous avec « La Dame de Pique » de Tchaikovski d’après la nouvelle de Pouchkine.
 
                 
 
 
 
Il est 15h lorsque l’épais rideau rouge se lève et dévoile un décors de faïence blanche noyé par une lumière blafarde qui donne à la scène des airs d’hôpital.

 
Premier entracte. Je sors me rafraîchir un peu et décide de m’installer pour quelques minutes au Bibent où je me paie le luxe d’un cappucino à 3.90€… oué, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Mais la somptuosité des lieux l’emporte sur le rapt éhonté que constituent les prix pratiqués par l’établissement. On ne se rend pas impunément dans l’un des plus beau cafés d’Europe ! 16H30, la cloche retentit, le second acte commence. Si les chanteurs sont réellement excellents, la mise en scène en revanche laisse perplexe. On ne sort pas de ces lumières de mort et de ces décors de buanderie… ou d’hôpital psychiatrique, si l’on retient l’idée conductrice de la folie suicidaire.
 
 
 
Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris pourquoi une des scènes supposée se dérouler en extérieur au bord d’un fleuve, nous est ici présentée dans une gigantesque salle de douches publiques… Bref… Le troisième acte s’écoule, tout en douleur et en plaintes, et finit… mal, forcément. La folie du jeu aura eu raison de Hermann, la dame de pique triomphe d’outre-tombe. 18h45, le rideau tombe pour la dernière fois ce soir. On applaudit, on s’emmitoufle, on se bouscule…
 
Tiens, si je passais voir le Pascal à la salle de sport ? Allez, hop, un ptit coucou, on prend des nouvelles, « on reste en contact ».
 
A califourchon sur mon vélo dont l’état du pédalier me préoccupe depuis plusieurs mois déjà, je pourfends la nuit naissante.
 
Il est 23h52… je mets un point final à ce billet. Demain, les TD reprennent. Je suis fin prêt. J’ai décidé d’être imbuvable… ça va chier.
 
Vivement le week-en prochain…

mardi 9 octobre 2007

Société Générale (pas de la pub !)

 

Bien étrange soirée que celle d'hier soir... mais j'ai adoré !

 

C'est l'histoire d'un mec qui est contacté en catastrophe à j-7 pour assurer un gros concert orgue et orchestre à la Basilique St Sernin parceque l'organiste initialement programmé est à la rue et "ne retrouve plus ses doigtés" (on a rarement trouvé un argument aussi nase... passons).

Et ce mec m'appelle pour faire son caliméro "aaaargh ... tu te rends compte ?? Monter le concerto pour orgue de Poulenc en 1 semaine à St Sernin avec juste 1 journée de répétition...!! C'est de la folie pure !". Oui, c'est de la folie pure. Mais quant on connait tout le talent de Mister Wood et sa rare pugnacité face aux défis les plus invraisemblables, et sachant en outre qu'il avait déjà donné le fameux (et magnifique) concerto de l'ami Francis voici déjà 3 ans, l'impossible prenait des reflets de potentiellement réalisable.

Hier, lundi 8 octobre, 18h30, la répétition générale commence. En bas, une partition entre les mains, armé d'un crayon, les charentaises à l'affut, j'écoute et scrute les équilibres. Oui, c'est une étape plus que nécessaire quant on sait la puissance étourdissante de l'orgue de St Sernin qui peut écraser à lui seul l'orchestre du capitole en jouant sur un simple bourdon... (j'exagère à peine). Je prends quelques notes ; rien de bien méchant à corriger : supprimer la bombarde 32' par ici, ouvir la boite par là, dégraisser légèrement le grand orgue sur 4 ou 5 mesures... La répétition s'achève, je sais où se trouvent les points faibles des interprètes et les endroits où il faudra être indulgent (le fameux accelerrando !!)

 

Après nous être réfugiés au St Sernin avec Stéphane, Matthieu, J.B. et Octavian- de passage à Toulouse pour une série de 2 concerts -et  avoir ingurgité pour ma part un rapide et passablement médiocre cassoulet réchauffé au micro-ondes (facturé 8 €... ahem...), je m'installe avec Octavian sur les inconfortables bancs de l'insigne Basilique. Nous arrivons tout juste à 20h30. La Basilique est pleine à craquer. il faut préciser à ce stade que tout un coté des bancs (soit exactement la moitié) a été réservé pour la Société Générale et ses clients/responsables/et tout ce qu'elle peut comporter comme nantis et planqués de toutes sortes. Bien grand mal leur en aura pris !!

 

Au programme : du Vivaldi (concerto en Mi), du Poulenc (concerto pour orgue en Sol), et un Requiem de Colliard en création, pour 2 voix, orchestre à cordes et harpe. Vivaldi restera toujours Vivaldi : de la fraîcheur, de l'inventivité, du ryhtme, du tonus, de la gaieté... Poulenc restera toujours Poulenc : l'esprit français, de la poésie, de l'humour, des harmonies d'une beauté indicible, des mélodies d'une simplicité rustique mais dotées d'une élégance toute particulière... Quant au Requiem... ben... comment dire...? J'ai bien apprécié un timide accord de sol majeur au début du dernier tiers de l'oeuvre (une coquille dans cet univers de dissonnances ?) et surtout le silence de 2 secondes qui a suivi l'accord final (au delà de 47 sons, peut on encore appeler ça un accord ?). Et si c'est avec ce genre de prestation que l'on désire réconcilier le public avec la musique contemporaine... je pense qu'on n'est pas encore arrivés !! Fallait voir les têtes totalement dépitées... terrible. Autre signe révélateur : l'absence totale d'ovation (contrairement au concerto de Poulenc qui a littéralement fait un triomphe) mais bien une église qui se vide sans se faire prier ni demander son reste.

 

Ce n'était là, mais je l'ignorai à ce moment précis, que la première mi-temps de la soirée. Le meilleur était à venir, et j'avoue que la S.G. a bien fait son boulot pour réconforter ses petit protégés.

 

Quelques ruelles plus loin, dans l'ancienne et splendide chapelle des Carmélites, se tenait une petit sauterie du meilleur goût réunissant tout le gratin toulousain et Société Généralisain (mwé, ça existe pas comme mot... m'en fout !). Là, champagne à l'oeil, petits fours tous plus exquis les uns que les autres, fromages, mini-brochettes alla niponne avec une ribambelle de sauces étranges mais rudement bonnes, petits gâteaux... servis dans un superbe écrin de polychromie boisée (si vous connaissez pas " l’intégralité de la voûte et des murs de la chapelle des Carmélites est recouverte de peintures à l’huile créant des trompe-l’œil baroques d’un caractère exceptionnel. Ils sont dus en partie au peintre Jean-Pierre Rivals, qui s’inspira au XVIIe siècle de la chapelle Sixtine en reprenant des figures allégoriques de Vertus. Son successeur Jean-Baptiste Despax acheva cette œuvre considérée comme l’un des chef d’œuvre de la peinture toulousaine du XVIIIe siècle" dixit le site de la Mairie de Toulouse). Tout ça dans une foire de gens encostumés qui font mine de s'ignorer et pavanent hautainement en se donnant de l'importance. Revêtu de mon costume gris et beau comme un ambassadeur (oué ! si j'veux me lancer des fleurs, je le fais... et toc !), je paradais au milieu de tout ce petit monde accorte et courtois comme il se doit en pareilles occasions, échangeant quelques banalités autour d'un couteau à fromage. C'est dingue comme les masques peuvent tomber lorsqu'il s'agit de bouffe. On est bien tous les mêmes, d'autant que ce gentil monde avait bien besoin de se remonter après les agonies du Requiem infligé quelques instants au paravant. Je vais et viens d'un buffet à l'autre, un morceau de fromage par ici, un beignet de crevette par là, un verre de champagne au détour d'une mini-coupelle de cassoulet (si !! ), retrouve Francine et Patrice avec qui je tcharre un peu, dévergonde Matthieu qui s'empresse de massacrer un bloc de bleu d'auvergne, trinque avec François Marchal... la zenitude totale.

Finalement, ça a du bon le gratin, surtout quant on passe totalement inaperçu et que l'on regarde de l'extérieur, même si j'avoue m'être pris au jeu.

Quelques verres de champagne plus loin (combien au juste... ? 5 ? 6 ? Me souviens plus !!) et repus à satiété, notre fine équipe prit le chemin du retour tandis que les serveurs finissaient de nettoyer la chapelle. Il pleut. On se sépare au coin de la rue du Sénéchal sous une pluie battante. Je sens que mon pas n'est pas des plus sûrs... tant pis !

 

A quand le prochain ?

 

samedi 25 août 2007

Concert Björk à Nîmes - 23 août 2007


Cela faisait 4 mois que le billet attendait sagement son heure dans la pochette rouge estampillée FNAC, soigneusement conservée entre 2 bouquins dans ma bibliothèque…

J’avais fait le pied de grue devant mon ordi pendant plusieurs heures, connecté au guichet en ligne dès 9h du matin pour être sûr d’avoir des places qui risquaient fort de partir comme des petits pains… et dépensé une bonne poignée d’Euros pour la circonstance.

Après plusieurs reports de date pour la mise en vente des billets, j’avais finalement réussi à m’en procurer 2, le mien plus celui de Ptee… le soir même le concert se jouait déjà à guichet fermé. Quelques semaines plus tard, une seconde date était annoncée pour le 21 août !

Björk aux Arènes de Nîmes pour un concert de sa tournée mondiale, qu’on soit groupie invétéré ou simple « fan » (je déteste ce mot, il est nul), un concert pareil ça ne se rate pas ! Et c'est pas maintenant, après avoir assisté au concert dont je vais m'essayer à retranscrire mes impressions, que je vais me dédire !
 
Tarabusté par une discussion MSN avec Pascal, alias Ptee, qui m’avait dit en début d’année que l’Islandaise la plus connue au monde se produisait pas très loin de chez nous, j’avais un peu hésité (suis-je assez fan pour aller à un concert de Björk ? oué, question nulle… j’ai au moins l’honnêteté intellectuelle de l’avouer) avant de me décider : seul je ne pense pas y aller mais si l’on est plusieurs, alors, je veux bien céder à la tentation. La tentation sut emporter les bribes de raison qui me harnachaient encore un peu.

Me voici donc au jour tant attendu du Vendredi 23 août au matin, direction Portet où Ptee devait m’embarquer dans sa Yaya pour 3 heures de trajet direction Nîmes. Départ sous la pluie, la grisaille, les essuie-glace vont et viennent sur le pare brise… Mais je SAIS que cela ne durera pas : Monsieur Météo France me l’a promis : le littoral méditerranéen sera dégagé, il fera BEAU ! Le doute était légitimement permis néanmoins car le sale temps nous a accompagné jusqu’à Montpellier où l’on a (enfin !) pu entr’apercevoir, entre 2 gros nuages noirs, des lambeaux de ciel bleu.

Arrivés à Nîmes sous un soleil radieux, on cherche l’hôtel, on pose les affaires, puis, direction le centre ville à la recherche de nourriture puis nous nous posons sous un arbre à l’ombre généreuse pour nous protéger du soleil au mordant encore bien affûté, à quelques mètres de l’entrée des Arènes. Les premiers aficionados sont déjà là. Une petite centaine à tout casser.

 


 

Il est 14h et des poussières… les Arènes n’ouvrent qu’à…. 18h30… Alors nous attendons et prenons notre mal en patience. Chacun s’occupe comme il le peut : certains jouent à la belotte, d’autres au tarot, ça discute, ça va, ça vient, ça téléphone, ça roupille, ça bouquine.

Derrière les hauts murs de pierre du haut desquels des touristes déambulent encore, les techniciens commencent à faire la balance. Des cuivres raisonnent, on reconnaît des riffs, des intros, des rythmes, de nouveaux arrangements, on commence à deviner une trame de setlist… Ca va être du très lourd !

17h30, nous décidons de rejoindre les premiers arrivés dont le nombre n’a pas tellement augmenté depuis tout à l’heure, et nous asseyons sur le parvis. Normalement, nous serons bien placés.

18h, tout le monde se lève, on se masse autour des entrées, on fouille dans les sacs, les billets font leur apparition, les membres du staff aussi. Finalement, il commence à y avoir pas mal de monde… Mais cela sera-t-il suffisant pour remplir les Arènes de 12.000 places ?

On entre ! Après la fouille réglementaire et l’épluchage du billet, un rapide tour au pipi-room, et nous voici plongés au cœur des Arènes, à quelques mètres de la scène qui occupe 1/3 de l’espace. Il est 18h45… attendre, encore attendre… Le concert est prévu à 21h… la tension monte : on y est !! Et IL FAIT BEAU ! Le ciel est bien dégagé malgré quelques nuages qui errent solitaires dans le ciel nîmois. Pascal joue au sale gosse (si si si si…) et me fait remarquer de temps en temps un gros nuage noir sur notre gauche… ou, son inconscient lui faisant somatiser son désir de pluie, me lance « Ha…. J’te jure, j’ai senti une goûte d’eau là… (il me montre son bras) », ou bien encore se plait à me faire remarquer qu’en cas d’averse, le toit de la scène est pile poile orienté en plein sur nous…. Pffff… pffffffff et re-pffffffffffffff…

Un gros monsieur du staff se fraie un chemin à travers la foule fendant l’air d’un énorme plateau ostensiblement porté à bout de bras, chargé de chips et de pralines… Nos estomacs n’ont rien avalé depuis un petit moment et se satisferaient bien de ce genre de cochonneries bourrées de sucres… ne pas craquer, ne pas craquer… Pas craqué !

Un rapide regard circulaire sur les gradins : les espaces libres se font de plus en plus rares, ça se remplit, la tension monte…

Des techniciens arrivent sur scène, enlèvent des bâches, posent des micros, tendent quelques derniers câbles…

20h25, un mec affublé d’une casquette bleue se met aux platines : la première partie commence. Deux nanas entrent en scène : c’est M.I.A., qui s’était faite huer lors du premier concert du 21 par des hordes sauvages de crétins asociaux qui n’avaient certainement pas eu la curiosité d’écouter un peu le travail de ce collectif. Ca bouge dans tous les sens, ça chante, ça pulse, c’est coloré, bariolé, parfois un peu brouillon, mais quelle énergie ! Le public est vraiment enthousiaste et ça se voit ! On a notamment aux droit aux 3 tubes du moment : Jimmy, Boyz et Galang (si vous êtes curieux, allez faire un tour sur Youtube… ou sur le site officiel de M.IA.). A droite de la scène, cachée derrière un mur d’enceintes, assise et entourée de son équipe, Björk assiste à la première partie… elle vibre autant que nous. Cool !

 


 

La nuit étend ses bras sur la ville, les premières étoiles font leur apparition, M.I.A termine son show. Le public est chauffé à blanc, paré pour l’explosion.

Quelques menus réglages, et voici que la scène se pare d’étendards à l’effigie de poissons, grenouilles, crocodiles, sous une lumière rougeâtre. Le groupe de cuivres entre, encostumé façon technicolor, un fanion par-dessus la tête, et se met en place, Björk apparaît dans un costume à la sobriété toute relative. Ca commence très fort : Innoncence ! Le public est à l’unisson. Puis elle enchaîne avec Hunter… Je me lâche complètement… et ça n’ira pas en s’arrangeant ! L’ambiance est littéralement électrique, les zicos sur scène s’en donnent à cœur joie, les arènes de Nîmes sont en fusion ! Tout y passe : Unravel, Unison, Hope, Jóga, The Pleasure Is All Mine, Hidden Place, Pagan Poetry... Elle danse sur scène, tend l’oreille vers la fosse aux lions (nous !) qui répond en chantant, nous fait chanter « joyeux anniversaire » pour la nana qui est au Tuba… puis le point de non retour : Earth Intruders... à partir de là, le délire fut total… de l’extrait de concentré d’euphorie… les bras se lèvent… Army Of Me, I Miss You, Vökuró, Wanderlust, Hyperballad, pour finir avec un Pluto littéralement hypnotique balancé en pleine poire sous des flots de décibels frénétiques et de très très gros son, … le tout se terminant sous une pluie de serpentins argentés.

« Merci bien ! » lance-t-elle avant de quitter la scène sous une ovation à faire s’effondrer les pierres. Dix minutes se passent sous les sifflets et hurlement du public qui en redemande… Premier et unique rappel (ptet un peu chiche sur ce coup là…) : Ocenania et Declare Independance.

 


 

     


Les lumières des Arènes se rallument, les techniciens commencent déjà à démonter le matériel (concert à St Cloud 3 jours plus tard !!), on nous invite à sortir… on a la tête pleine d’émotions, d’images, de sons… de souvenirs. Gigantesque !

On sort, on échange quelques mots avec nos coreligionnaires d’un soir… Les superlatifs fusent… dehors des vendeurs écoulent de mauvais posters pirates à 3€, les gens se massent… nous fuyons : on a une grosse grosse fringale… vite un sandwich, que l'on dévore en regardant les photos prises quelques instants plus tôt.
 
Arrivés à l'hôtel, une bonne douche méritée, j'étends mes fringues dégoulinantes de sueur (me suis pas ménagé...) et me couche... Rise you flag ! Higher Higher !

Un grand merci pour ce concert inoubliable, et une mention spéciale au public qui a été tout simplement fabuleux.

 

 

@ Ptee : merci pour les photos.