Affichage des articles dont le libellé est Les délires de Tambour Major. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les délires de Tambour Major. Afficher tous les articles

mercredi 7 janvier 2009

Savoir vivre



Le délire du jour n'est pas le fruit de mon imagination, j'aurais été fier de pondre une prose pareille.Je vous laisse donc découvrir un déjà connu mais  toujours délectable extrait d’un manuel scolaire d'Economie
Domestique anglo-saxon, publié en 1960 et
destiné aux jeunes
filles de bonne famille. Libre à vous d'appliquer à la maison ces quelques préceptes très simples de savoir vivre élémentaire...

   

FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER
SOIT PRÊT


Préparez les choses à l’avance, le
soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour
du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et
vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lors qu’ils
rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur
plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil.


SOYEZ PRÊTE

Prenez quinze minutes pour vous reposer
afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un
ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en
compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu
plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et
c’est un de vos devoirs de faire en sorte quelle le soit.




RANGEZ LE DÉSORDRE

Faites un dernier tour des principales
pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres
scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffon à
poussière sur les tables.


PENDANT LES MOIS LES PLUS
FROIDS DE L’ANNÉE


Il vous faudra préparer et allumer un
feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le
sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra
également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une
immense satisfaction personnelle.


RÉDUISEZ TOUS LES BRUITS AU
MINIMUM


Au moment de son arrivée, éliminez
tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez
d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir.
Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre
désir de lui plaire.


ÉCOUTEZ-LE

Il se peut que vous ayez une douzaine
de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le
moment opportun. Laissez-le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de
conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée
lui appartienne.


NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S’IL
RENTRE TARD À LA MAISON


Ou sort pour dîner ou pour aller dans
d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en
sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où
votre mari puisse détendre son corps et son esprit.


NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS
PLAINTES ET VOS PROBLÈMES


Ne vous plaignez pas s’il est en
retard à la maison pour le souper ou même s’il reste dehors toute la nuit.
Considérez cela comme mineur, comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la
journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une
chaise confortable ou daller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui
une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever
ses chaussures. Parlez dune voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez
pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son
jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant
que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.


LORSQU’IL A FINI DE SOUPER,
DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE


Si votre mari se propose de vous
aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter
par la suite et après une longue journée de labeur, il na nul besoin de travail
supplémentaire. Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et
à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans
toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous avez des
petits passe-temps vous-même, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui
parlant, car les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants
comparés à ceux des hommes.


À LA FIN DE LA SOIRÉE

Rangez la maison afin qu’elle soit
prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit-déjeuner à
l’avance. Le petit-déjeuner de votre mari est essentiel sil doit faire face au
monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux
retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi
promptement que possible.


BIEN QUE L’HYGIÈNE FÉMININE

Soit d’une grande importance, votre
mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait
à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre
meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui
soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème
pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait
le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.


EN CE QUI CONCERNE LES
RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI


Il est important de vous rappeler vos
vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime
qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose,
soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression
sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.


SI VOTRE MARI SUGGÈRE L’ACCOUPLEMENT

Acceptez alors avec humilité tout en
gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une
femme, lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part
l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de
plaisir que vous ayez pu avoir.


SI VOTRE MARI SUGGÈRE DES
PRATIQUES MOINS COURANTES


Montrez-vous obéissante et résignée,
mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il
est probable que votre mari s’endormira alors rapidement ; ajustez vos
vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits
de soin pour les cheveux.


VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE
RÉVEIL


Afin d’être debout peu de temps avant lui le
matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition
lorsqu’il se réveillera.

mercredi 26 novembre 2008

L'anguille (contribution sociologique)

 

La vie regorge d'occasions de se réjouir. Un beau coucher de soleil, le sourire d'un enfant, une soirée entre amis, une grasse matinée au calme, se blottir dans les bras de l'être aimé, un café aux arômes savoureux qui ponctue la journée, une musique qui vous émeut aux larmes, une soirée au coin du feu, un film de Christophe Lambert... C'est si simple...

La vie regorge aussi d'occasions de se mortifier ; je ne m'attarderai pas davantage et vous épargne une litanie par trop funeste. J'avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas du boulet qui se plait à vous encombrer inutilement l'existence (oui, je suis très fier de ce billet... Bé quoi ? J'ai le droit d'aimer parfois ce que je fais non ?). Hé bien je crois avoir décelé un autre prototype d'énergumène qui peut pousser un Tambour Major - ou un congénère humain - au suicide : l'anguille.

Hormis chez les amphitryons amateurs de bonne chaire qui l'aiment grillée ou en sauce, ce poisson amphihalin thalassotoque, benthique et lucifuge vous diront les spécialistes, n'a pas très bonne presse. Tout d'abord, il ressemble furieusement à un serpent, ce qui n'est pas la première des qualités pour nous autres, occidentaux. Souvenons nous ensemble de la mésaventure d'Adam et Eve qui nous enseigne qu'il faut se méfier de cet animal sournois et tentateur, cause du malheur des hommes alors qu'on pourrait se la couler douce au Paradis.


Outre la tradition judéo-chrétienne qui voit dans l'anguille, par association avec le serpent, un animal repoussant, d'autres cultures ne sont pas moins tendre avec elle. Jugez en plutôt : dans la mythologie Celte, la déesse de la guerre, furieuse de ne pas être aimée du beau héros, se transforme en anguille et se venge en s'aggripant à sa cuisse, le mordant toutes dents dehors. La sale bête !! En Polynésie, une autre légende raconte que le premier cocotier vient de la tête d'une horrible anguille à qui l'on voulait marier la fille du soleil et de la lune. Heureusement, un beau et preu chevalier décapita le reptile dont la tête fut abandonnée sur le sable. Je simplifie un peu mais c'est l'idée générale. Vous irez chercher vous-même. Vais pas non plus faire tout le boulot non ?

Bon,trève de blabla, revenons à notre étude...

A quoi reconnaît on une anguille ? Nous dirons qu'il s'agit d'un individu a priori normal, et qu'une observation rapide de son comportement en biotope urbain ne permet de le distinguer d'un autre. A priori seulement car, après quelques heures de pratique, on se rend compte que notre anguille présente l'aptitude toute particulière de pouvoir allègrement serpenter en eaux claires comme en eaux vaseuses et d'y mener ses petites affaires tambour battant (non, ce n'est pas un jeu de mot). De serrage de mains en léchage de culs, voire suçage de bites (ce sont des images...) notre anguille vogue au gré de ses intérêts, se faufilant à travers les paniers de crabes les plus infréquentables, pratiquant ici ou là avec une virtuosité qui frise l'indéscence ou qui, c'est selon, sucite l'admiration, le "pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette". Si l'anguilla vulgaris doit son agilité à l'épaisse couche de mucus dont son corps est recouvert et qui la rend si désagréable à manipuler (rappelez-vous cette séquence mémorable de la cultissime émission "La Cuisine des Mousquetaires" - dont je conserve le souvenir ému - où l' inénarrable Maïté tente de trucider une anguille à l'aide d'un gourdin et que l'animal lui file entre les doigts...), l'anguille qui nous occupe aujourd'hui doit son agilité à sa viscosité intellectuelle... Non content de vous faire un bras d'honneur à la moindre occasion qui lui permette de continuer sa médiocre ascension sociale sans honneur, l'anguille arbore presque toujours un sourire de façade et pratique au besoin la courbette et le baiser de main, n'hésitant pas à gratifier de son indispensable personne toute mondanité où il sera susceptible de séduire un esprit assez faible pour ne pas lire dans son jeu, à moins qu'il ne tombe sur plus fort que lui : une autre anguille de plus forte carrure qui voit en ce jeune leptocéphale inoffensif un serviteur dévoué et docile qu'il pourra presser comme un citron et jeter à la poubelle lorsqu'il sera desséché, flétri par l'usage, mais ravi de pouvoir servir dans l'ombre d'un plus grand, inconscient du drame qui se trame au dessus de lui... La loi du plus fort est toujours la meilleure chez les prédateurs. Bouffer ou être bouffé, telle est la règle du jeu.

Vous l'aurez compris, si je brosse à grands traits les caractéristiques d'une anguille c'est que j'en ai une qui gravite dans mon sillage, tapie derrière les apparences d'un collègue inoffensif. Sauf qu'elle ignore qui est le Tambour Major qui, fort de quelques années d'expérience, écoute beaucoup mais parle assez peu, de sorte que je sais pas mal de choses qu'on me dit innocemment alors que je ne demande rien. D'autant que chacune de ces information est intrinsèquement inoffensive, ce qui ne pousse pas à la discrétion de mes interlocuteurs, à ma plus grande satisfaction.

Mon anguille se présente donc sous la forme d'un médiocre doctorant d'une grande faculté de la ville où j'officie régulièrement et avec lequel j'ai le bonheur de coopérer. Je l'avais rencontré voici déjà 3 ou 4 ans alors que j'étais jury d'un concours administratif. Le bonhomme m'avait alors paru assez sympathique quoique grande gueule, la ramenant un peu tout le temps, étalant sa science comme on étend du Nutella sur une crêpe encore chaude : largement. De taille moyenne, plutôt maigrichon, le visage osseux et les cheveux plaqués en arrière sous l'effet d'une surdose manifeste de gel finition brillant, mon anguille (que j'appellerai Igor) a le chic pour s'habiller de vêtements venus d'un autre âge... Pull jaune poussin, cravates comme personne hormis les Deschiens n'en ont porté ces 20 dernières années, costumes un rien trop larges qui lui donnent l'air d'un gamin qui fait mumuse avec les fringues de son papa et joue à être un grand, je vous résume là l'essentiel pour le total-look, Igor est ... ridicule ? Non pas exactement... il est presque ridicule. Autre trait de personnalité de Igor l'anguille, sa façon de parler. Igor aime s'écouter parler et faire des phrase inutilement léchées, même - et surtout ? - lorsque le protocole n'a plus lieu d'être et que la confraternité laisse place à des conversation aux accents gaulois. Coincé du cul ? Peut être... Il est vrai que la sexualité de l'anguille interroge encore les scientifiques. Bref, notre anguille à nous vous adressera toujours la parole comme si vous étiez Heni IV et traversera volontiers la rue pour vous gratifier de ses salutations poussives, ou tentera le diable pour braver la foule compacte d'une salle de cocktail comble pour venir vous importuner alors que vous étiez en bonne compagnie et que, faux-cul, vous faisiez mine de ne pas l'avoir vu... Mais c'était sans compter sur son sens aigu du relationnel. Igor s'approchera alors de vous, s'immiscera subrepticement et sournoisement dans une conversation à laquelle il n'était pas convié, et finira par vous causer de choses dont vous n'avez rien à foutre, tandis que votre estomac se retourne sous l'effet conjugué de sa présence et de son haleine fétide. Car, oui, Igor pue de la gueule... Je ne sais pas si c'est de l'acidité gastrique ou un manque d'hygiène buccale (qui a dit les deux ?), mais je vous assure que c'est une raison supplémentaire, voire une bonne raison tout court, pour ne pas le laisser s'approcher. L'autre jour, j'ai bénéficié d'un moment de joie intense, proche de l'orgasme : j'ai grillé une anguille...

Nous sommes un soir de grande mondanité dans une Vénérable Institution Toulousaine dont la pureté d'âme présumée fera rire quiconque connaît le dessous de quelques cartes. Mais ce n'est pas le propos de ce jour. Bref, nous sommes au moment du cocktail de réception, tout ce que la Ville Rose compte en huiles se trouve réuni là et en ma qualité de bras droit d'un des Big Boss, je me devais d'être présent. Igor était aussi de la partie, pour une raison que je n'ai toujours pas comprise étant donné qu'il n'a strictement RIEN à voir avec cette Vénérable Institution Toulousaine, qu'il ne travaille pas pour elle, ni ne fait partie d'aucun de ses comités directeurs. La seule raison que je puis trouver c'est la présence des huiles et la possibilité qui lui est alors donnée - sur sa propre invitation spontanée - d'astiquer quelques rectums d'un revers de langue appliqué dont il a le secret (c'est peut être là la raison de son haleine de teckel eczémateux ?). De par mes fonctions, et en représentation, j'étais en train de discuter très simplement avec le Président d'une juridiction Toulousaine et son confrère de la Chambre Régionale des Comptes qui m'avaient alpagué le plus jovialement du monde, lorsque je vis se faufiler entre deux plateaux de petits-fours, l'anguille et son épouse (elle aussi de cette espèce). J'observe les deux compères louvoyer habilement entre deux importuns faisant obstacles avec leur coupe de champagne à la main, et les voici tout souriants au milieu de notre conversation, désirables comme deux pintades au milieu d'une autoroute à 4 voies. Monsieur le Premier était sur le point de partir alors que nous discutions de l'éventualité de déjeuner ensemble pour parler manucure et je ne voulais en aucun cas que Igor me vole la vedette. C'était moi la star...! Lorsque en un éclair (le génie ?), je lui proposai à Monsieur le Président de lui donner ma carte de visite, ce à quoi il répondit immédiatement en me tendant la sienne, le plus spontanément du monde, au nez et à la barbe de mon anguille que je vis serrer puissamment les mâchoires pour étouffer un cri de rage, fou qu'il était d'avoir échoué si près du but.

La vie regorge d'occasions de se réjouir...

 

vendredi 7 novembre 2008

Ce qu'il faut pour être heureux

 

Alors que j’errais du coté de chez Matoo qui, dans un précédent billet, nous confiait ses état d’âme sur son trentième anniversaire, je tombais nez à nez avec la chose suivante :

 




Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l'homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d'être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut, le soir, un souper délectable
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s'endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire

 

J’avoue avoir été très touché par ces vers. La quête du bonheur est l'oeuvre - utopique diront les plus pessimistes - d'une vie. Suis-je heureux ? je ne le sais pas vraiment. Car au fond qu'est-ce que le bonheur sinon un enchaînement de petites choses qui rendent l'existence agréable ? Je sais en tous cas que je ne suis pas malheureux. On peut toujours chipoter et espérer mieux, voire beaucoup mieux, mais ma situation actuelle n'est pas la lpus mauvaise, sans pour autant confiner au paradisiaque, n'exagérons rien.  

 

Toutefois, comme mon cerveau  de grand malade n’est jamais au repos, et que "qui aime bien chatie bien", quasi instantanément a germé en moi une ébauche de commentaire dont je ne résiste pas au plaisir de vous livrer les fruits.

 

Reprenons ensemble :

Il faut penser ; sans quoi l'homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.

 

Penser, panser ses plaies, les plaies de son corps, les plaies de son âme, les plaies d'une vie. Mais par homophonie, on en vient aussi à la panse, c’est à dire l’estomac. Hé oui, l’homme ne se substante pas que de nourritures spirituelles, c’est bien connu. "Il faut penser" peut donc aussi être entendu "il faut panser", c'est à dire se remplir l'estomac. Et moi, quand j’ai l’estomac bien rempli et les amygdales qui baignent, je n’ai envie que d’une chose : un bon petit somme et de ronfler comme un cheval. Quoi ? Ca ronfle pas un cheval ?

 

Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d'être homme.

 

Aimeeeeeer, c’est c’qui’y’a d’pluuuuuuuuuus bôôôôôô… (fond sonores de violons sirupeux).

Non, sans rire, l’amour est sans conteste la plus belle chose qui puisse arriver à quiconque et pour paraphraser un auteur dont le nom m’échappe, je plains celui qui meurt sans avoir aimé. Connaître les ivresses sans limites d'un amour vrai et réciproque, la cruauté de la séparation et la douceur infinie d'un baiser de retrouvailles sont des instants magiques dont l'intensité défie le sens commun. J'aimerai mille fois n'avoir pas vécu que de mourir sans avoir aimé.

 

Soyez prévenus, ici s'arrête la tentative de critique pseudo-sérieuse... Couchez les enfants et éloignez les âmes pures.

 

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

 

Avec ses mots à lui et une plume particulièrement élégante, Voltaire nous vante tout simplement les mérites des orgies collectives. En quelques mots comme en cent : Vive la drogue, le sexe et l’alcool !

Notez bien l’insistance sur les  plaisirs « en grande variétés » : lâchez vous pour de bon, ça rend heureux ; soyez curieux, ne mourrez pas idiots. Cocaïne, Ecxstazy, acides, poppers, laitue euphorisante et autres bégonias psychotropes, seul, à plusieurs, avec votre labrador ou un troupeau de moutons, jouez le jeu à fond ! Et de toutes façons la vie est courte, alors jouissez en paix mes frères sans demi-mesure ! N'oubliez pas de noyer les quelques relents de culpabilité qui pourraient vous assaillir sous des flots d'alcool, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant.

Surtout, comme le conseille Voltaire,prenez soin de convoquer des gens "instruits" qui sauront vous éduquer aux réelles préoccupations de ce bas monde : un groupe de junkies aux cheveux gras tatoués de bas en haut devrait a priori faire l'affaire si jamais vous cherchiez. A défaut, vous pouvez toujours regarder le kamasutra en DVD, voire l'oeuvre cinématographique d'un Marc Dorcel ou des Studios Falcon ou tout autre maison de votre choix, ça peut donner des idées si votre imagination en la matière fait défaut.

Quoi ? Quoi ? Z'avez jamais maté un film porno ? Tssssss... quelle bande de menteurs ^^

 

La suite :

 

Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

 

Un ami disponible tout le temps, qui puisse apaiser votre âme et vous procurer du bonheur ainsi que de vifs plaisirs ? Si c’est pas d’un fuck-friend ou d'une dealer dont il s’agit alors non, je vois pas…  Il était très en avance sur son temps le Sieur Voltaire ! Et notez le lien subtil mais néanmoins extrêment fort entre cette strophe et la précédente, preuve évidente si besoin en était, que le bonheur est la conséquence d'un tout. 

Hein ...? Comment ça vous n'avez ni fuck-friend ni dealer ? 

Passons...

Il faut, le soir, un souper délectable
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

 

Le sujet avait été abordé in limine de ce poème et de façon plutôt subliminale mais là, pour le cas où le message ne serait pas passé au premier coup, Charles-Marie nous en remet une seconde couche sans sous-entendu cette fois : manger, boire, s'en mettre jusque là...

Notez cependant une petite réserve : « sans être ivre, il faut sortir de table ». Hé oui, car déjà au XVIII° siècle la conduite de cariole en état d’ébriété devait être passible d’une amende de 100 sous, voire d’une lettre de cachet qui vous conduisait au gniouf pour 2 ou 3 jours, ce qui à l'époque n'était pas du plus glamour. Alors, je prolongerai ce conseil de bon sens et de prudence : celui qui conduit, c’est celui qui prend le volant ! Et puis vomir au volant c’est pas classe, mais pas classe du tout du tout. Un peu de tenue enfin !

 

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s'endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

 

Certains penseront candidement que Voltaire, lorsqu’il parle de « tendre objet » fait référence à un doudou en peluche, à un animal empaillé ou à une épaisse tranche de mortadelle moelleuse - oui, il en est qui ont ce vice terrible. Eh bien que nenni ! C’est bien d’amour, d’émois et de sexe qu’il s’agit ici. Une bonne partie de jambes en l’air avant de faire dodo, baiser comme des bêtes, ça fait du bien partout, ça détend après une dure journée de labeur, ça inonde le cerveau d’endorphines qui nous font nous sentir bien, et en plus ça fait digérer. Notez  bien le conseil prodigué au denier vers : le soir ne suffit pas, on peut tout à fait il faut recommencer le matin . Ha bé oui… comme je le disait dans un autre billet, il n’y a pas de mal à se faire du bien !

Et à titre personnel, s’il y a des volontaires pour la dernière strophe…

 

lundi 27 octobre 2008

La Grande Loi Universelle des Mariages

 

Ce week-end j'étais invité à un mariage fort réussi au pays de l'aligot, du roquefort et des tripous, comprenez l'Aveyron. Une histoire totalement absurde comme il n'en arrive que dans les histoires à l'eau de rose dont est farcie la littérature de gare : Carine, une jeune DRH fraichement diplômée qui, lors d'un stage en entreprise, tombe amoureuse de Guillaume, son boss... amour impossible, rencontre morganatique (la belle vient du pays des bouseux, le beau de la haute société) mais dont la morale sort victorieuse : l'amour triomphe de tous les obstacles indociles. Ils se marièrent donc, et auront peut-être beaucoup d'enfants, c'est tout le mal que je leur souhaite.

 

Fait à souligner, je ne connaissais absolument pas le marié ni sa famille, rencontrés pour la circonstance. Aussi certains "événements" suscitèrent mon amusement et c'est muni d'un bloc-notes de fortune, que je relevais à la va-vite quelques détails piquants... car, après l'avoir cogité entre deux verres de bordeaux, tout mariage répond à des canons scientifiques, une sorte de Grande Loi Universelle du Mariage, qu'une étude sociologique un peu plus poussée pourrait sûrement confirmer. Le mariage auquel j'ai assisté n'échappe pas à ce senario...


Voici donc en exclusivité la première ébauche de cette théorie qui va bouleverser la face du monde... Peut-être l'auteur de ces lignes est-il un futur prix Nobel ? ^^


Lorsque l'on se rend à un mariage, il est extrêmement fréquent - ce sera la première manifestation de la Grande Loi Universelle des Mariages relatée ici - de faire du covoiturage, soit pour économiser sur la facture de carburant, soit parce que certains n'ont pas le permis, ou encore pour rendre le trajet plus convivial. Je devais prendre avec moi une amie de la fac, que j'avais perdue de vue depuis 2 ans et peut-être aussi mon boulet parce que mon boulet n'a pas le permis et qu'il était possible que les amis (les vrais) avec qui il devait partir ne puissent finalement pas venir au mariage en raison d'obligations professionnelles de dernière heure. Fort heureusement, ces "amis" ont pu se libérer et c'est délivré de ce fardeau inutile que je prennais la route avec ma passagère.

Je savais que les nanas sont réputées pour être de grandes bavardes. Ils en parlent dans tous les bouquins, c'est un aspect purement consubstantiel au sexe féminin, au même degré que la curiosité ou leur passion incompréhensible pour toutes les séries façon "sous le soleil" et autres "feux de l'amour". Ma passagère était TRES bavarde... un moulin à paroles par grand vent... un flot de paroles inintérrompu pendant deux heures. Par moment, je faisais mine d'acquiescer alors que je savais même plus de quoi elle parlait ! Heureusement je suis d'une patience à peu près exemplaire et que la dernière heure de route fut l'occasion d'aborder des thèmes de fond qui m'intéressent au premier point. Un mal pour un bien dirons nous...

 

Après avoir posé nos bagages à l'hôtel et nous être faits beaux (non, je déconne, je suis TOUJOURS beau, même au saut du lit le lendemain d'une soirée fortement alcoolisée... Trop dur d'être un sex-symbol, je le souhaite à personne), direction le bled paumé dans lequel va se dérouler la cérémonie religieuse. Car c'est un élément indiscutable de la Grande Loi Universelle des Mariages : les mariages ont toujours lieu quelque part entre le diable Vauvert et le trou-du-cul du monde... Se munir d'un GPS n'est pas une précaution superflue, non seulement pour s'y rendre, mais aussi et surtout pour en revenir ! Car je vous assure qu'en pleine nuit et un repas un minimum arrosé plus loin, nos repères ne sont plus les mêmes. J'ai toujours en mémoire le retour hasardeux dont j'ai été l'otage en août dernier (n'est-ce pas Anouck ? ^^). Bref, là encore, la cérémonie se déroulait dans un patelin portant le doux nom de Sainte Radegonde, connue pour son très fameux miracle des avoines (si si, je vous assure !! voyez donc Sainte Radegonde, sa vie, son oeuvre en cliquant ici).

L'église est petite mais jolie, une église fortifiée dotée de murs d'un bon mètre d'épaisseur, à la rusticité toute locale, et menée de main de maître par un prêtre "un peu space" m'avait confié Carine. Car il est une autre inconnue qui participe de l'étrange équation d'une journée de mariage qui constitue une variable importante de la Grande Loi Universelle des Mariages : le curé ! Les curés, il en est de toutes les sortes : jeunes, vieux, moches, beaux, libéraux ou intégristes, souriants ou aigris, pince sans rire ou pudibonds... toutes les combinaisons sont possibles. Lorsque j'écrivais plus haut que ma passagère à l'allée avait été plus bavarde qu'une pie passée au sérum de vérité, le manque de superlatifs se fait cruellement ressentir lorsqu'il s'agit de ce prêtre là... Je crois qu'il n'a jamais laissé plus de 1,3 seconde de silence, couvrant d'un soliloque ronflant l'heure et demi qu'à duré la messe. Incroyable... ! Quoique bavard, notre homme n'en a pas moins dirigé l'affaire avec dignité et recueillement – certes relatif - de bon aloi, c'est au moins ça. Je ne ferai aucun commentaire sur la partie musicale qui fut irréprochablement exécutée sur un Farfisa entrée de gamme des années 80. Les initiés compatiront à mon supplice. 


Après la messe arrive toujours, Grande Loi Universelle des Mariages oblige, le moment le plus redouté dans un mariage car sa durée peut aller de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures : l'entracte précédant le vin d'honneur. Généralement on sort de l'église, on s'asperge de riz ou de confétis géants, on félicite les heureux époux, on salue les invités que l'on n'avait pas encore pris le temps de voir avant, on bavarde tant bien que mal de tout et surtout de rien, on se raconte les dernières nouvelles en faisant mine de s'intéresser, on se réchauffe au soleil contre un blizzard peu engageant et... on attend... Ce week-end l'attente ne fut heureusement pas démeusurée et c'est assez rapidement que nous convoyâmes en direction de la salle des fêtes du village voisin. Il faut dire qu'en Aveyron, passé 18h et la nuit tombant, les premiers hurlements des meutes de loups viennent fendre le calme des soirées d'automne et qu'on retrouve régulièrement au petit matin des carcasses encore fumantes de citadins égarés alors qu'il cherchaient un racourci que jamais ils ne trouvèrent...

Au vin d'honneur, on croise deux catégories de personnes. Celles qui sont invitées au repas, et les autres. Si les premières discutent bruyamment en riant assez fort, les secondes au contraire se gavent de petits fours et de whisky, espérant ainsi compenser le manque à gagner qu'aurait pu constituer la suite de la soirée. Pendant ce temps, les mômes commencent à s'exciter en courant partout, échauffement préalable au grand cirque que sera le repas du soir.

Quelques mini-pizzas plus loin, re-belotte : on quitte les lieux pour aller à une autre salle dans laquelle est servi le repas. La fête va commencer !


Sur l'échelle de Richter des repas de mariage que j'ai pu faire depuis dix ans (mettons un point de départ totalement arbitraire), celui de ce week-end se hisse très haut dans le top 10 et rivalise sans peine avec les deux derniers de cet été, malgré leur excellence respective. Chaque plat était tout simplement exquis, finement élaboré, sans pompe inutile mais avec un soucis évident de la qualité et du goût, ce qui se traduisait par des produits de grande qualité traités avec finesse. Du grand art, ce qui est tout à fait remarquable lorsque l'on sait que pas moins de 130 couverts étaient servis ce soir là.

Les tables elles-mêmes étaient fort joliment dressées, simplement mais avec goût et délicatesse, de la jolie vaisselle et des verres étincelants exempts de toute trace disgracieuse. La distribution des invités quant à elle répondait à une logique imparable puisque j'avais personnellement demandé aux mariés de surtout ne pas me mettre à la même table que celle de mon boulet. Et même pas honte ^^. En conséquence de quoi j'ai passé une excellente soirée ! Hé oui, c'est un aspect inédit de la Grande Loi Universelle des Mariages que je vous révèle ici : elle peut être paramétrable !!

 

Si le repas est l'occasion de se remplir délicatement la panse en agréable compagnie, il est également l'occasion des inévitables séquences souvenirs préparées par les amis des uns et des autres. Le mariage de ce week-end n'a là encore pas failli à la Grande Loi Universelle des Mariages. Je vous ai indiqué plus haut que je ne connaissais pas le marié avant ce jour. Ceci prit toute sa mesure lors de la séquence PowerPoint où les amis diffusent des photos sensées retracer de façon fulgurante la vie du marié. Car... je n'ai rien compris... ou si peu. Je suppose que le narrateur a dû lâcher quelques vannes mûrement réfléchies et longuement réécrites pour produire tout l'effet comique attendu sur son auditoire - du moins le supposè-je - car si ce n'est le rire à peine contenu de notre ami humoriste d'un soir qui signalait de temps en temps une drôlerie potentielle, ses traits d'humour m'ont laissé de marbre.

« Le meilleur auditoire pour un orateur, c'est celui qui est très intelligent, très cultivé et un peu saoul » aurait dit Alben William Barkley. Je suppose donc que nous n'étions soit pas assez saoul, soit trop bêtes... Il va sans dire que l'une et l'autre de ces hypothèses doivent purement et simplement être écartées en ce qui me concernait à ce moment là...

Dans la même veine, on recommande souvent de ne jamais commencer un discours en disant « je ne suis pas un orateur » parce que les auditeurs s'en apercevront bien assez vite. Lorsque le père du marié prit la parole peu avant le dessert pour congratuler sa progéniture et sa bru, il s'est bien gardé de ne pas suivre ce conseil, ce qui pour autant ne nous a pas empêché de nous apercevoir qu'il n'avait pas l'éloquence ni la prestance d'un Bossuet... Car, c'est une autre constante de la Grande Loi Universelle des Mariages que lors des repas de mariage le père d'un des époux - ou un invité spécialement désigné à cet office - fasse un discours solennellement déclamé, quand bien même personne ne lui en voudrait d'y déroger et de nous épargner des considérations de PMU sur les valeurs du mariage, et autres foutaises, blablablabla... je vous épargne la litanie.

 

Et pendant ce temps, les mômes sur-excités (on doit les piquer à la cocaïne non ?) courent dans tous les sens en poussant des cris stridents à vous faire péter un sonotone, menant tant bien que mal à terme la mission hautement impérieuse consistant à exterminer consciencieusement tous les ballons qui ornent la salle des fêtes, pour le plus grand bonheur des convives qui ne rêvent qu'à une chose : leur dévisser la tête d'une retentissante baffe (que celui qui n'y a jamais pensé, même un millième de seconde,lève la main ^^). D'où cet axiome de la Grande Loi Universelle des Mariages : "tout mioche présent à un repas de mariage est... chiant !"


Une fois l'épreuve des discours surmontée, les desserts ingurgités, et abstraction faite des gremlins cocaïnomanes, vient une autre invariable de la Grande Loi Universelle des Mariages : la séquence "ouverture du bal" inaugurée par la traditionnelle valse rapidement expédiée avant que le DJ (plus ou moins talentueux) n'asphyxie les survivants au moyen de tubes éculés et ringards tels que l'inoxydable Macarena, que j'estime au moins autant que l'oeuvre de Mireille Matthieu... Que celui qui ne s'est jamais senti ridicule en se trémoussant sur cette chose infâme se signale, il sera béatifié par mes soins.

Quant à moi j'ai trouvé une parade absolue à cette offense à la dignité humaine : le boycott...

 

La Grande Loi Universelle des Mariages mériterait certainement de plus amples développements, mais il se fait tard et je me tiens à ce que mon observation sociologique de ce samedi me permet. Je vous laisse libre de compléter cette théorisation par vos apports personnels. Les grandes découvertes ne sont que rarement l'oeuvre d'un seul homme.



mardi 21 octobre 2008

Paperasse et autres réjouissances.

 Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais s'il y a une chose qui me soûle par dessus tout, c'est bien la paperasse...


J'ai beau faire tous les efforts du monde, prendre régulièrement de bonnes résolutions, y mettre toute ma détermination, rien n'y fait. Ca me gave, ça me broute, ça me tape sur le système... ça me fait chier.


Non seulement je n'y comprends rien, mais, plus grave, je n'y porte aucun intérêt.

Alors que certains rangent tout, méticuleusement, dans des pochettes transparentes et par ordre chronologique depuis leur première facture à l'épicerie du coin où, alors âgés de seulement 5 ans, ils avaient acheté un Kinder Suprise à 2 Francs, que d'autres réalisent des comptes à l'aide des derniers logiciels mis au point par la NASA et qui leur permettent d'effectuer des projections financières par trimestre pour les 37 prochaines années avec une marge d'erreur de plus ou moins 0,03%, chez moi tout s'entasse lamentablement sur un coin de mon bureau, parmi des enveloppes éventrées sauvagement d'un revers du pouce et des bouquins en souffrance. Généralement, j'ouvre le courrier d'un oeil distrait, regarde vaguement de quoi il s'agit, et remets à plus tard, le plus tard possible, le traitement de cet indésirable que j'abandonne à son triste sort de papelard insipide et ostentatoirement morne.


Morne comme le fonctionnaire qui, derrière son bureau sur lequel se meurt un cactus nain offert par le service compta, attend avec langueur le retour de son petit protégé soigneusement barbouillé par la main malhabile d'un contribuable outrancieusement vulgaire n'utilisant que des stylos bic et non pas un magnifique Montblanc à l'encre d'ébène aux reflets nacrés.


Prostré derrière son bureau, il attend fébrilement son enveloppe du jour apportée dans une caisse en carton ondulé par la responsable du courrier, celle qui mâche inlassablement le même chewing-gum du soir au matin et fait des bulles en articulant des phrases mal construites. Lorsque, revenant de la pause café de 9h45 il découvre - ô joie - sur son sous-main représentant la façade du Ministère des Finances ou à coté de ses crayons méticuleusement alignés avec la rigueur austère d'une grille de mots-croisés, une enveloppe blanche à fenêtre aux coins légèrement cornés, laissée là par la préposée pendant sa courte absence, notre petit fonctionnaire referme délicatement la porte de son bureau. Tout en baissant la lumière il s'empare délicatement du petit rectangle de papier blanc qu'il hume suavement tandis qu'un frisson le parcours de haut en bas, lui procurant des bouffées d'extase étourdissantes. Son souffle se fait soudainement court et, dégrafant d'une main le premier bouton de sa chemise en coton gris, son corps s'abandonne à des spasmes de plaisir tandis que des gouttes de sueur dévalent sur ses tempes. Plus d'une fois il dût contenir violent un orgasme qui eut sinon auréolé de foutre le caleçon acheté en solde chez Kiabi, et imprégné d'une odeur douçâtre des mouchoirs en papier sacrifiés pour la cause.


Pouf pouf...
En ce moment, je suis particulièrement gâté : entre les factures EDF, la taxe d'habitation, les déclarations d'impôts sur le revenu, la taxe foncière, le courrier machin et le formulaire bidule, j'en ai raz la cuve. Ne me demandez pas dans quelle catégorie je suis, quel est l'index du barème A3-H7 du prélèvement obligatoire à subrogation extinctive sur les plus-values patronales déductibles, ni même le plafond du taux d'indexation de ma cotisation salariale à la dette de fourrage du Mozambique... je n'en sais rien et m'en contrefous d'une force intersidérale.


Plus fort, j'ignore même à combien s'élève mon salaire brut (sans rire !) et concède sans honte n'avoir jamais parcouru un seul de mes bulletins de salaire plus de 3 secondes et demi, c'est à dire le temps nécessaire pour trouver en bas à droite l'encadré mentionnant clairement ce qui tombe effectivement dans mon escarcelle à la fin du mois. Et rien que cette pensée me procure des bouffées d'extase étourdissantes. Mon souffle se soudainement fait court et, dégrafant d'une main le premier bouton de ma chemise en coton gris, mon corps........


mercredi 27 août 2008

Confidence pour confidence...


 

Bon, le moment est venu pour moi de vous annoncer quelque chose d’important. Quelque chose qui conditionne mon existence de façon plus ou moins apparente, mais qui pourtant est ancré au plus profond de moi. Il n’y  a rien à comprendre, les choses sont ainsi, rien ni personne n’y pourra changer quoi que ce soit.

 

J’ai mis du temps à l’accepter vraiment alors que l’évidence me sautait aux yeux. Puis je me suis mis à le cultiver, avec patience, acharnement parfois. Il y eut des instants de découragement, et cent fois je me suis demandé « A quoi bon ? ». Mais éternel optimiste, jamais je n’ai totalement baissé les bras et j’ai toujours su trouver en moi la force pour avancer encore, quoique le cœur ne fût pas toujours là, et les ronces abondantes.

Ado, je subissais les moqueries de mes camarades qui ne me comprenaient pas. J’en ai parfois souffert, assez durement. A un âge où l’on essaye tant bien que mal de se construire, se découvrir différent des autres est quelque chose de difficile à accepter et à faire accepter. « Pourquoi ne suis-je pas comme tout le monde ? ». Cette question m’a hanté de façon lancinante et sournoise sans que j’en souffle mot à quiconque.

 

Mais peu à peu, j’ai compris que cette différence était ma force, qu’elle était mon amarre, le point à partir duquel j’allais pouvoir construire ma personnalité en lui conférant une coloration unique. Je n’ai pas tracé de plan ni élaboré que processus savant ; j’ai laissé faire le temps, les jours, les semaines et les années, prenant ça et là quelques décisions parfois délicates que je ne regrette pas aujourd’hui. Et me voici tel que vous me connaissez…

 

Alors, aujourd’hui, oui, je peux et le moment est venu il me semble de vous le dire - sans crainte ni honte - je pense que cela ne vous surprendra pas:

 

J’aime la Musique Classique !

 

 

Rhaaaaaaa oui alors… La Musique avec un M majuscule, Classique avec un C majuscule lui aussi. Cette musique qui va de Bach à Dutilleux, en passant par Ravel, Janequin, Messiaen, Brahms et Chopin… Celle qui en trois accords vous emporte vers des contrées lointaines où la main de l’homme n’a jamais mis le pied… Cette musique tantôt sensuelle, tantôt exotique, parfois ésotérique, qui raconte bien plus que les mots et suggère au-delà des sens… Elle est ma maîtresse, ma lumière et mon oxygène. Je ne puis concevoir un jour sans y penser et même lorsque je me trouve loin de ma chaîne Hi-fi  ou de mon iPod, c’est elle qui vient à moi, sous la forme d’une ligne mélodique où d’accords savoureux dont ma mémoire est pétrie, et qui tournent alors en moi comme une douce maladie dont je ne veux pas guérir.

 

Voilà, c’est dit !

 

P.S. : J’aime aussi tout un tas de trucs bizarres :

les œufs de cent ans, la moussaka, Brigitte Fontaine…

mais c’est un autre débat.

mercredi 20 août 2008

Y es-tu ?

 

Aujourd'hui pas de baratin hostentatoire ni de grand récit héroïque.

Juste une image qui m'a bien fait rire et que j'avais envie de vous faire partager.

 


Je sais pas vous, mais moi, ça me fait marrer.

 

Ca me fait penser à un comptine que me chantait ma grand mère lorsque tout petiot j'allais en vacances chez elle en Haute Savoie et que fatiguée elle abrégeait nos promenade vespérales à la fraîcheur des grands pins prétextant la possiblité effroyable de croiser un loup dévoreur de petits enfants :

 

Promenons nous dans les bois
pendant que le loup n'y est pas
si le loup y était
il nous mangerait
mais comme il n'y est pas
il n'nous mangera pas
Loup y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ?
- Je mets mes chaussettes[*]...etc
Promenons nous dans les bois
pendant que le loup n'y est pas
Si le loup y était
il nous mangerait
mais comme il n'y est pas
il n'nous mangera pas
Loup y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ?
- Me voilà.... me voilà !

 

Bien évidemment nous n'avons jamais croisé un seul loup dans ces fichues montagnes. Et il m'a fallu attendre encore quelques années pour pouvroi prétendre l'avoir vu... mais c'est un autre débat...

 

[*] ça marche aussi très bien avec chemise/pantalong/manteau/jokestrap/porte-jartelles/bas résilles/diadème... tout est affaire de circonstances.

mercredi 13 août 2008

Deuil - In Memoriam Gary...

 

 

Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs,

reprenez avec moi tous en coeur

 

J'ai une nouvelle épouvantable à vous annoncer...

 

GARY est décédé !

 

Non, ce n'est pas une plaisanterie, je n'ai hélas en de tels moments pas le coeur à la gaudriole. Anne et Bruno, soyez forts et pleurez avec insistance feu votre filleul(le?) dont la mémoire se trouve à jamais inscrite au Panthéon des gastéropodes, quelque part entre Jean Cocteau et Carlos. Sa coquille inerte fait désormais partie des gravillons qui jonchent le parterre de l'aquarium dans lequel Wasabi fait des bulles, mais on sent bien que le coeur n'y est plus...

 

En guise d'éloge funèbre, laissez moi vous narrer les dernier jours de Gary l'escargot et comment il mourrut dans un funeste élan d'héroïsme triomphal.

 

Lundi matin, après avoir passé l'aspirateur dans sa coquille et s'être fait une petite mise en plis (Gary était très coquet...), Gary s'adonnait à son passe temps favorit : bavouiller sur les parois de l'aquarium qui l'abritait et à dévorer gouluement les algues qui s'y développent. Wasabi qui passait par là l'entretint un instant de la situation préoccupante en Georgie et lui demandait son avis sur le soutient affiché au Président Saakachvili par le peuple Georgien. Wasabi, féru de politique internationale depuis qu'il a découvert Arlette Chabot, pense lui que la voie diplomatique est certainement la meilleure solution au conflit et que la Cour Européenne des Droits de l'Homme a tout à fait raison lorsqu'elle recommande à la Russie de s'abstenir de toute mesure susceptible de menacer la vie ou la santé des populations civiles en Géorgie. Gary, assez peu interressé par le sujet (lui son truc c'est davantage L'île de la Tentation...), émit un baillement désobligeant, et laissant Wasabi disserter tout seul dans son coin, prit le chemin des grosses feuilles vertes qui surnagent à la surface.

 

Gary était en route lorsqu'un grondement sourd mit en vibration tout l'aquarium. Une lueur bleue envahit tout d'un coup l'angle ouest et une horde de Glövix déboula, propulsés d'une autre dimension par une faille spacio-temporelle. Or, quiconque a déjà cotoyé un Glövix sait que ces petits êtres sont particulièrement rigolos et qu'à moins de les revoyer illico-presto chez eux, la crise de rire - souvent mortelle - est hélas inévitable.

N'écoutant que son courage, Gary fouilla dans sa coquille et s'empara vigoureusement d'un épluche patates qu'il brandit sous le nez des Glövix déjà hilares.

" - En garde vils coquins ! Si vous ne voulez point vous faire occire, rendez-vous séance tenante ! " lançat-il de sa voix la plus sévère. Ce à quoi les Glövix répondirent par un fou-rire à s'en frapper les cotes.

- Hé ho, tu connais celles des deux vaches ? Alors, c'est deux vaches dans un garage qui scient de l'essence, et y'en a une qui trouve un clou dans sa buche d'essence qu'elle scie et l'autre dit " ah tiens c'est bientot pâques".

Gary, dont le sens de l'humour était particulièrement affûté, contint un éclat de rire qui eu pu être fatal. Conscient de la gravité de la situation et que le déstin du monde était entre ses mains (c'est une image), il avança d'un pas, agitant son épée de fortune sous le nez des Glövix (la aussi, c'est une image) :

- Rendez-vous bande de nases ! Vous êtes cernés !! Allez, houste, du balais, rentrez chez vous maintenant, on a assez rigolé comme ça, hop hop hop !! "

Alors qu'un petit nombre de Glövix commençait à reprendre le chemin de leur vortex spacio-temporel - quoiqu'ils soient effectivement très très rigolos, les Glövix savent aussi être relativement raisonnables - un petit malin prit la parole juste avant de sauter dans le vortex qui se referma juste derrière lui :

- Hey, tu connais celle des deux sous-marins ? Ben, alors c'est deux sous-marins dans un arbre qui mangent des chaises. Soudain deux oeufs au plat arrivent et leur disent " vous venez tailler la bavette ?" et les sous-marin répondent " on peut pas on va chez le coiffeur ".

Gary ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. Une convulsion, puis deux, puis un étouffement suivi d'un étirement magistral des zigomatiques prolongé par un cri entrecoupé de spasmes qui résonnèrent dans tout l'aquarium au point que Wasabi dût se bouchez les branchies avec du gravier : l'héroïque Gary était mort de rire... au propre comme au figuré.

- Hargh, les salauds, ils m'ont eu... déclama Gary dans un dernier souffle.

Wasabi, dont la mémoire est celle d'un poisson rouge - 4 secondes - avait déjà tout oublié et vaquait à broutiller des racines comme si de rien n'était.

Gary, dont la gradeur d'âme n'avait d'égal que .... heu ... ben... oué, ho, ça va hein ! Bref, le courageux Gary a péri pour une cause noble : préserver la Terre et l'Humanité d'une invasion de Glövix qui aurait pu conduire à la dévastation du monde. Si !

 

Et voilà, vous savez tout.

 

Quoi je raconte n'importe quoi ? Mais, puisque je vous dis que c'est vrai...

Votre incrédulité me déçoit beaucoup...

 

Mais MOI je SAIS que c'est la vérité ...

 

Nananère !

 

jeudi 10 juillet 2008

Lettre ouverte aux emmerdeurs


 

 

Il est des moments dans la vie d’un homme où trop c’est trop, où la coupe est pleine et qu’il n’en faut plus ajouter une goute avant que de mettre le feu aux poudres.

 

Ce billet que j’ai intitulé « Lettre ouverte aux emmerdeurs » s’adresse en particulier à ceux d’entre vous qui sont parents, jeunes ou vieux, ainsi qu’à ceux et celles qui aspirent à le devenir. Non pas que vous soyez tous des emmerdeurs avérés (quoique, ne me poussez pas à donner des noms, j’en serai capable) ; seulement vous êtes tous de futurs emmerdeurs potentiels, et peut être même en êtes vous déjà sans même vous en rendre compte. Si si… je vous assure…

J’entends déjà les récriminations et les injures fuser comme autant de flèches assassines qui voudraient me faire taire – l’importun !! – avant que d’asséner quelque vérité qu’il ne fait  pas bon entendre.  Mais je n’en ai que faire et poursuivrai mon dessein tel qu’il mijote et bouillonne depuis 2 ou 3 jours, même si je sais que le combat est perdu d’avance, et tel un Don Quichotte des temps modernes, je me battrai avec détermination contre vents et marées dans une lutte que je sais pathétique. Le triomphe, s’il a lieu, n’en sera que plus grand, et la victoire exquise.

 

Tout d’abord, il faut entendre une vérité première qui risque d’en froisser plus d’un, tant pis, je prends le risque : non quoiqu'ils soient si mignons/adorables/épanouis/curieux/bavards/etc. ad lib...

 

vos enfants ne sont pas des génies.

 

Le génie étant ici entendu au sens du Trésor de la langue française comme une « aptitude, faculté supérieures de l'esprit portées au-delà du niveau commun (se manifestant dans des entreprises, des inventions, des créations jugées exceptionnelles ou extraordinaires) », ou encore selon le Littré une « aptitude spéciale dépassant la mesure commune soit dans les lettres et les beaux-arts (concevoir et exprimer), soit dans les sciences et la philosophie (inventer, induire, déduire, systématiser), soit dans l'action telle que celle de l'homme d'État, du militaire, etc. ».

 

Entendons nous bien : oui, vos marmots sont effectivement beaux, gentils, drôles, affectueux, éveillés... tout ce que vous voulez… Mais il est un moment où doit s’opérer un nécessaire retour à la réalité et d’admettre – fut-ce à contre cœur –  que le génie reste l’apanage de quelques rares privilégiés sur notre planète, ce qui n’est pas plus mal.

Par conséquent, si par un beau jour un professeur de droit public assène à la copie de votre progéniture une note que vous jugerez alors indigne du statut supérieur qui auréole le rejeton en lequel vous voyez déjà briller les astres de la gloire inscrite de toute éternité dans les cieux, comprenez que si génie il y a (ce dont je vous ai déjà dit que l’on pouvait légitimement douter), il y a fort à parier que ce n’est pas le génie du droit public, voire pas le génie du droit du tout… Et toute votre mauvaise foi ne suffira pas à convaincre un professeur agrégé des Université que la copie qu’il a sous les yeux à laquelle il a, dans un épanchement de générosité, accordé la note de 6/20, vaut en fait la moyenne, voire bien plus, et que c’est scandaleusement qu’il n’a su déceler dans les 10 lignes laborieusement rédigées d’une main malhabile guidée pas des connaissances trop peu affirmées, le nouveau Maurice Hauriou que le Monde attendait reclus dans un misérabilisme intellectuel duquel allait bientôt jaillir la Lumière. Non ! S’il a mis une telle note – mauvaise –  c’est bien que la copie est nulle, quant il ne s’agit que de juger la copie…Ne le poussez pas à tomber le masque de gentillesse affectée, moirée de condescendance apitoyée, vous risqueriez d’entendre la vérité dans sa nudité la plus crue, celle que l’on ne veut pas connaitre et que l’on cache, un peu comme les murs humides d’une vieille maison que l’on recouvre d’une épaisse couche de lambris blond qui fait oublier le mal rongeant pourtant chaque jour davantage la demeure qui finira tôt ou tard par s’effondrer.

 

Alors, vous, parents et futurs parents, n’affectez pas d’ignorer cette mise en garde. Peut être un jour, lorsque de l’école votre petiot reviendra avec son carnet de note couvert de rouge parce qu’il aura eu une mauvaise note, vous repenserez à ce billet que jadis vous aviez lu… et vous direz « Ah oui… peut être avait il raison… ». Non non… pas « peut être » : sûrement ! Et par pitié, laissez les profs tranquilles !

 

 

 

Toute ressemblance et coïncidence avec des faits et des personnages ayant existé ne serait pas totalement fortuite ^^

 

mercredi 2 juillet 2008

Parlez après le bip !

 
"Gaston y’a l’téléphon qui son
Et y’a jamais person
Qui y répond !"
 
Ce qui était vrai dans les années 60 ne l’est plus depuis l’invention du répondeur téléphonique. Hé oui, désormais le téléphon qui son a toujours quelqu'un qui répond !
Je me suis amusé à faire une petite recherche sur Internet. Hé bien figurez-vous que les premiers répondeurs téléphoniques étaient de grosses caisses en plastique fonctionnant avec un ampli à lampes, un relais électrique, des cylindres magnétiques, pour un poids de plusieurs kilos (très décoratif et pratique sur votre bureau !), au juste prix de 8.000 Francs soit 1.200 Euros… Ensuite vint l’avènement de la bande magnétique (on peut encore en voir quelques exemples dans les premiers épisodes de Colombo), de la cassette audio puis de la micro cassette, et enfin de la mémoire électronique qui permet une miniaturisation extrême jusqu'à devenir quasi-invisible.
 
Ce qui est fascinant dans un répondeur n’est pas tant la machine en elle-même, qui au fond est assez chiante, mais son contenu : le message délivré à l’interlocuteur que la voix électronique laisse sur le palier en l’absence du maître des lieux.
 
Souvent il n’y a rien de plus frustrant que de tomber sur un répondeur. Toujours le même message que l’on réparti en deux catégories.
La première : le message enregistré par la personne elle-même. Il contient quasi invariablement les mots suivants placés dans tel ou tel ordre à la manière des beaux yeux de la marquise qui mourir me font d’amour : « Bonjour vous êtes bien sur le portable de Barnabé. Je ne suis pas là pour l’instant. Vous pouvez me laisser un message après le bip. Je vous re-contacte dès mon retour. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiip ».
Simple, efficace, on comprend que le correspondant n’est pas joignable et qu’on est invité à laisser quelques mots pour qu’on soit rappelé ou lui faire se souvenir de ramener du pain et de passer dire bonjour à Tante Jeanne avant qu’elle parte boire le thé chez la Cousine Ursuline. Bref…
 
La seconde n’est pas très éloignée de la première mais s’en distingue par le fait qu’une bonne partie du message est le fait d’une machine préprogrammée pour débiter le même discours sur le ton monocorde que nous connaissons tous, et que seul le nom de notre interlocuteur a été enregistré par ce dernier. D’ailleurs c’est souvent très nase ce type de message. Parce que quand on enregistre ce type d’annonce on nous demande de parler après un signal sonore qui tarde à venir ou qui est tellement bizarre qu’on se demande tout d’abord si c’est bien à ce moment là qu’il faut parler, ce qui se traduit infailliblement par une vague hésitation dans la voix, précédée ou suivie de bruits environnants du plus mauvais effet. Ca peut donner quelque chose dans ce goût là : « Bonjour. Vous êtes sur la messagerie de  "schtrflfllft Hector Berliozrfffrrrrrrrrrrrrrrrrrrtzzzzzz" . Votre correspondant n’est pas disponible pour l’instant… » etc. etc.   Vous l’aurez constaté comme moi, c’est à chier.
 
Je ne parlerai même pas des messages fantaisie ignobles de médiocrité humoristique où un mauvais imitateur singe la voix de telle ou telle célébrité pour débiter des sornettes avilissantes qui ne font rire que les adoléscents boutonneux et les beaufs de tout poils qui regardent Cauet sur TF1. Je ne m'étendai pas, c'en est déjà beaucoup trop.
 
Face à cette médiocrité standardisée se dresse une troisième voie, un brin plus intéressante à mes oreilles.
Je me souviens d’un message de répondeur absolument génial que l’on pouvait entendre sur la ligne du mari d’une amie. Il commençait par « Bonjour, vous êtes en relation avec un répondeur. Surtout gardez votre calme ! » Je ne me souviens plus exactement de la suite mais les première secondes étaient tout simplement exquises. Enfin de l’originalité dans ce monde de platitude.
Cette découverte fut pour moi une révélation. Oui, il était possible de faire autre chose ! Autre chose...
Dès que j’eus en ma possession une machine de cette espèce je m’employais à exploiter toutes les ressources créatrices autorisées par ce nouveau jouet. J’avoue que mon premier message était d’une banalité affligeante mais j’eus tôt fait de pervertir cet équipement dont je mesurais les facultés déliresques.
 
Mon premier essai fut un coup de maître, n’ayons pas peur des mots, et certains d’entre vous s’en souviennent encore. Il est d’ailleurs à ce jour toujours en vigueur, après quelques autres tentatives moins fructueuses, sur mon téléphone fixe.
Pour vous donner une vague idée et ne pas me la faire piquer, tout commence par un musique un peu grinçante jouée sur un clavier électronique (l’air du monde aquatique de Super Mario Bross sur NES…) après quoi vient le message proprement dit. Il y est question de chambre capitonnée, de visites terminées pour l'instant, de camisole de force qui sera bientôt retirée, de message aussi qui sera délivré après décamisolage… Oui, j’ai parfois des traits de génie que Starck m’envie, soyons modestes. Je me souviens qu’une fois le plombier qui devait venir réparer mon chauffe-eau en panne avait même téléphoné à mes parents pour avoir mon vrai numéro de téléphone parce que chaque fois qu’il composait celui que l’agence immobilière lui avait donné, il tombait sur un hôpital psychiatrique… Et ma mère un peu génée de lui expliquer que non, il ne s'agissait pas d'une erreur, que c'était bien le bon numéro de téléphone qu'on lui avait donné. Il y a ceux qui ont de l’humour… et les autres !
 
Un autre exploit fut tout récent avec un message façon machine à café : « pour un café long tapez 1, pour un expresso tapez 2, pour laisser un message parlez après le bip ». Effet garanti !
 
L’avantage d’avoir un message de répondeur totalement zinzin est qu’au final les gens qui appellent laissent assez peu de messages. J’ai trouvé à cela plusieurs explications possibles :
- Déconcertés, ils en ont oublié la raison de leur appel
- Ils ne savent pas s’ils ont bien composé le bon numéro
- Ils sont effrayés à l’idée de parler à un extraterrestre qui a élu domicile sur Terre
- Leur message n’est finalement pas si urgent que ça et ils essaient de rappeler plus tard.
Il y en a sûrement d’autres, je note seulement celles qui me viennent sur le vif.
 
Si la méthode est efficace sur le téléphone fixe, elle l’est aussi sur le téléphone portable.
J’ai d’ailleurs cet après midi composé mon actuelle annonce de répondeur, sûrement la plus débile que j’aie jamais pu écrire (oui, je les écris parfois avant) et qui aurait pu résulter du débilitronage d’une phrase au départ censée. Je vous rassure : nul débilitronage dans tout cela, c’est de l’authentique Tambour Major garanti sans additif ni colorant artificiel. Ce serait sous-estimer mes aptitudes à la folie pure, et certains d’entre vous savent à quel point je n’en ai pas besoin. Pour les autres, parcourir ce blog devrait vous donner une vague idée de ce dont je suis capable. Ce chef d’œuvre de l’art du répondeur est tout simplement unique. Il y est question d'arborescence laineuse, de poignée de boulons, d’autoclave, d’asperges astigmates… Dans un esprit fin et léger qui en étouffera plus d’un, à n’en pas douter.
 
Vous l’aurez compris, il est des choses pour lesquelles je n’aime pas faire comme tout le monde. C’est tellement facile de faire comme tout le monde. Mais c’est tellement triste cette uniformité…
 
Alors, à vos répondeurs, et faites moi fumer tout ça !

vendredi 30 mai 2008

Blagounette

Petite blagounette envoyée par Anouck ce matin :

 

Un soir, après bientôt 45 ans de mariage, un couple était au lit quand la femme sentit que son mari commençait à la caresser comme il ne l'avait plus fait depuis bien longtemps.
Il commença par lui titiller le cou, puis descendit le long du dos jusqu'au creux des reins. Il lui caressa les épaules, puis le cou, puis les seins et s'arrêta pile sur son bas-ventre.
Il entreprit alors de placer sa main sur l'intérieur de son bras gauche, effleura encore une fois son sein, sa hanche puis parcouru sa fesse et sa jambe gauche jusqu'au mollet. Puis il remonta à l'intérieur de la cuisse et s'arrêta tout en haut de sa jambe.
Il fit la même chose de l'autre côté et s'arrêta soudainement, se tourna sur le côté et sans dire un mot alluma la télé.
Comme toutes ces caresses lui avaient fait pas mal d'effet, elle lui demanda amoureusement :
« Chéri, c'était merveilleux, pourquoi t'es-tu arrêté ?».
Il marmonna doucement :

« J'ai trouvé la télécommande ».

mardi 27 mai 2008

Précepte Bouddhiste

 
" P r é c e p t e   B o u d d h i s t e "

Cela a vraiment fonctionné pour moi.


En suivant un précepte bouddhiste tout simple,
j'ai finalement trouvé

la paix intérieure.


Voici ce précepte :



" Pour atteindre la paix intérieure,

termine toujours ce que tu as commencé "



J'ai regardé autour de moi pour voir toutes ces choses que j'avais commencées

sans les terminer.


Donc hier soir, j'ai terminé ...


... une bouteille de pastis ...


... une bouteille de vin blanc ...


... une bouteille de vin rouge ...


... une bouteille de Vodka ...


... une bouteille de Champagne ...

 
... ma boite de Léonidas ...


... un grand sac de chips et enfin le pack d'Heineken.


Tu n'as aucune idée comme je me sens bien !



Faites circuler à ceux qui cherchent encore la paix intérieure...


ÇA MARCHE !

 Tambour Major qui retourne trouver la paix dans  le Gewürztraminer d'Alsace...


jeudi 13 mars 2008

La minute surréaliste de Tambour Major

 

Vous l'aurez sûrement remarqué, j'ai un goût prononcé pour l'humour absurde et ce que nos congénères d'Outre-Manche appellent le "non sens" (à prononcer avec l'accent).

 

Aussi, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager une devinette qui m'a bien fait marrer ce midi :

 

Combien de surréalistes faut il pour dévisser une ampoule ?

 

 

 

Réponse : Un poisson

 

 

 


 

Etonnant non ?

 

"Ce n'est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l'imagination."


André Breton
Extrait du Premier manifeste du surréalisme

 
 

dimanche 13 janvier 2008

Question de logique

 

Une ptite blagounette, un peu connue, mais que j'aime bien quand même


Dans une classe de 6°, la prof de maths demande aux élèves :

" Si j'ai devant moi trois lapins et qu'avec mon fusil j'en tue un, combien en reste-t-il ?"

Thomas lève la main et répond :

" Il n'en reste aucun mademoiselle !

- Tu es sûr de ta réponse Thomas ? Si j'ai trois lapins et que j'en tue un il en reste deux !

- Bé non mademoiselle. Il n'en reste aucun parce que les deux autres se sont sauvés en entendant le coup de fusil !

- Haaaaa.... oui, effectivement, ta réponse est mathématiquement fausse, mais j'aime bien ton raisonnement."

Le lendemain en classe Thomas demande à sa prof de maths :

- Madame, j'ai une question à vous poser...

- Heu.... oui, vas-y Thomas, je t'écoute...

- Bin, voilà... En rentrant chez moi hier, pendant que j'attendais le bus, il y avait trois femmes en train de manger une glace. La première la mordait, la deuxième la suçait, et la troisième la léchait. Laquelle des trois était mariée ?

- Heeeeeeeeu...... Hé bien..... je dirai que la femme mariée c'est celle qui suçait sa glace....?

- Et non mademoiselle. Celle qui est mariée c'est celle qui porte une alliance...! Mais j'aime bien votre raisonnement !

* * *