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samedi 23 août 2008

Glandouillage *


  

J’adore traînasser le samedi matin dans mon appartement, à glander devant la télévision tout en sirotant un bon petit café réconfortant.

La télé le samedi matin c’est le pied ! La variété des programmes m’étonne toujours. Il y en a néanmoins  un que je regarde avec une délectation toute particulière : "Un dîner presque parfait", diffusée quotidiennement sur M6 à je ne sais pas quelle heure (en acces prime time je suppose) et re-diffusée le samedi matin un peu avant midi.

 

Ce qui me connaissent savent que je suis un fin gourmet, maître queue à mes heures (non, il n’y a pas de sous entendu graveleux là-dessous…) et que ma pièce favorite serait une cuisine de 70m² dotée d’un gigantesque piano 6 feux et… je m’égare !

Bref…

 

Pour résumer le concept de l’émission, Un dîner presque parfait repose sur une idée simple : cinq personnes qui ne se connaissent pas vont chacune leur tour s'inviter à dîner chez elles, les 5 soirs d'une même semaine. Le lundi un premier convive invite les 4 autres chez lui à dîner, et ainsi de suite jusqu'au vendredi soir...
Les convives doivent mettre des notes pour évaluer la cuisine, la décoration et l'ambiance de la soirée... et le vendredi, la personne qui aura obtenu la meilleure note sera élue meilleur hôte de la semaine et sera récompensée (somme de 1000 euros).

 

A priori, pas de casser 3 pattes à un canard. Et pourtant… Cette émission recèle des trésors insoupçonnables !

 

Recevoir des gens qu’on ne connaît pas, leur faire un repas hyper chiadé en un minimum de temps (si j’ai bien suivi, ils ne disposent que de l’après midi et rien ne doit être préparé en avance) et passer une soirée cordiale comme des grands potes, sacré challenge !

Surtout que les candidats ne s’aident pas et se tirent volontiers des coups de chevrotine mortels dans les pieds en élaborant des menus d’une audace excessivement échevelée : velouté de lentilles vertes aux langoustines et émulsion de gingembre, carpaccio de cerf des Ardennes à la sarriette, ravioles foie gras poëllé au pain d’épice, tarte aux pralines roses meringuée… Ca déborde d’imagination, ça rivalise d’ambition, ça fume dans les synapses et parfois aussi dans les gamelles ! Friteuse qui explose et qui carbonise la moitié de la cuisine (embêtant pour la suite des opérations tout ça…), tajine malencontreusement cuit dans un four mis en mode pyrolyse (pour ceux qui aiment la viande bien bien cuite  ), chantilly qui ne monte pas et qui reste désespérément liquide, meringue molle (bah oui, une meringue sa se prépare au moins le matin pour le soir pour qu'elle seche bien… c’est le principe de la meringue française… sinon, on fait une meringue italienne, mais ça n’a pas tout à fait la même consistance ni – par le fait même -  la même fonction), viande mijotée tout juste ¾ d’heure parcequ’on a passé 2 heures à louper une ganache au chocolat (s’il y a bien un truc inratable…) et par conséquent tout juste assez cuite (un peu al dente si vous voulez…), la bouillabaisse préparée dans des conditions sanitaires qui feraient bondir la DGCCRF … N’est pas Cyril Lignac Joël Robuchon qui veut ! Bon, il ne faut pas être totalement négatif, il y a quelques cordons bleus qui tentent de faire merveille et j’avoue avoir été parfois bleuffé par les talents de quelques candidats réellement passionnés de cuisine et dont les placards regorgent des outils les plus fous, robots et pétrins en tout genre, qui se sont lancés dans des préparations d’une audace folle avec un succès déconcertant. Je suis un tantinet jaloux, je l’avoue ! Mais, car il y a un « mais », le secret de la réussite ne réside pas uniquement dans ce qu’il se passe en cuisine… se serait trop facile !

 

Outre la maladresse des participants qui vient ponctuer un plan de cuisson que l’on voudrait sans anicroche, il faut également savoir composer avec la saveur douce-amère ou savamment épicée (parfois redoutablement !) d’invités qui pètent plus haut que leur cul (oui, c’est le passage vulgaire du billet) et trouvent à redire sur tout, tout, tout, absolument tout !!

Entre celui qui n’aime pas le fromage – avec toutes les variantes possibles : pas de fromage tout court, pas le roquefort, pas le fromage de chèvre, pas le camembert, pas le fromage que vous avez décidé de servir… il n’y a aucune limite), celle qui miraculeusement aime tout SAUF la recette que vous venez de passer 3 heures à réaliser reclus dans votre cuisine, celui qui mange sans sel, celle qui est végétarienne, celui qui n’aime rien mais alors rien du tout : pas assez cuit, trop cela, pas assez de schmolduc dans la sauce à la moukrène, la saveur du curcuma est en contradiction avec la texture du cabillot à la crème de hareng, la déco de table à base de fleurs de goyave ne concorde pas avec la nappe bleu turcoise… bref, le chieur que l’on rêve d’égorger sur place à pleines dents et de pyrolyser une bonne fois pour toute… les candidats doivent faire preuve d’une zénitude hors du commun et bien des fois j’ai vu dans l’œil incandescent d’un impétrant, l’image d’un couteau ou d’une fourchette fuser, s’enfoncer profondément dans la gorge de son interlocuteur un tantinet trop pointilleux sur la texture de la chantilly (qu’il trouve trop épaisse/grumeleuse/trop sucrée/trop fade… ad lib !) et s’élever au dessus de la table éclaboussée de sang le rire sardonique de la vengeance assouvie de celui qui, la veille, s’est vu infligé la pire merde qu’une assiette ait jamais pu contenir.

 

Après le repas en lui-même, entrecoupé de tentatives de conversations où l’on bavarde joyeusement entre deux gorgées vin tiède, indifféremment de Kant, Kirkegaard, du Traité de Rome, de la politique culturelle du Népal et de la division des intervalles conjoints dans la musique Japonaise du III° Siècle, vient la phase de débriefing durant laquelle les invités donnent leurs impressions sur le repas et notent la prestation du moment.

 

C’est toujours extraordinaire la mauvaise foi dont peuvent faire preuve certaines personnes. Alors qu’elles se sont régalées, ont saucé leur gamelle le nez dans l'assiette et s’être fait resservir trois fois, déclarent sans sourciller « Oué, bof, son rigaudon de poires au pralin sauce réglisse c’était tout à fait moyen », gracieusement ponctué deux rôts à peine contenus, flatulence gastrique caractéristique de l’estomac repus et d’une digestion en bonne voie, signe manifeste d'un festin englouti avec appétance. Et de continuer « C’était excellent mais je lui mets 6/10, ce qui est déjà une bonne note », oubliant soudainement que sa prestation de la veille était à la limite du scandale, avec sa salade d’endives au jambon Leader Price, son gâteau TupperW*re mal cuit, et que c’est par humanisme - plus que par réalisme, que sa victime du soir lui avait généreusement octroyé la même note quelques heures plus tôt… L’objectivité en prend pour son grade !

 

Tout ça se termine le dernier soir (vendredi) lorsqu’à l’issue du dernier repas tout ce petit monde qui se "déthaisme" se retrouve autour d’une table sur laquelle sont disposées cinq enveloppes contenant chacune le score réalisé lors de son grand soir. Les moyennes sont rarement exubérantes. J’ai souvenance d’un rarissime 8,1/10 pour un repas qui vraiment avait été parfait même si je ne partage pas cette conception de la bouffe entre amis, tout est affaire de goût, mais la tendance oscille entre 5 et 7, non pas que les prestations soient médiocres (il s’en faut parfois de beaucoup, par le haut et même par le bas !) mais que ça se tire dans les pattes avec une belle virtuosité. L’ouverture des enveloppes en elle-même n’est pas particulièrement excitante, hormis lorsqu’un connard se fait jouissivement ramasser par une note pitoyable et qu’affecté dans son orgueil égratigné, il verse amer une larme intérieure tandis que coulent sur les joues du vainqueur celle de la joie et de l’effort justement récompensé.

 

* (je pique l’idée des appelations en « age » à Matoo qui j’espère ne m’en voudra pas ^^)

 

 

mardi 19 février 2008

Quoi d'neuf ?

Hé bien hé bien.... pas un mot depuis le 11 Février dernier... ce blog va bientôt tomber en jachère si cela continue !

Quoi vous dire ? Que j'ai été terrassé par un vilain virus qui m'a cloué au lit pendant presque trois jours avec d'effroyables maux de têtes doublés de courbatures assez peu aimables qui me donnaient l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur. M'enfin... à force d'aspirine et de vitamines, me voici à peu pris remis sur pieds même si ce n'est pas encore tout à fait ça. Je rentre de Lourdes, le miracle n'as pas eu lieu ! Tant pis.

 

Pas très locace ce soir... fatigué. Quelques relents de fièvre qui m'ennuient.

 

Je me rattrapperai.

De toute façons, je fais ce que je veux !

 

Ha si : "X" de clamp ça déchire, et "Naruto" c'est vachement bien...

lundi 12 novembre 2007

Tous les prétextes sont bons...

 

Ce soir je n'avais pas envie de travailler.

 

Je suis CREUVE ! J'ai certes eu un week-end comme la plus part d'entre vous, mais il fut particulièrement dense, enchaînant les soirées (celle de vendredi a laissé de lourdes séquelles... celles (si si, je mets au pluriel) de samedi un peu moins... mais quand même, tout cumulé, ça fait pas beaucoup d'heures de sommeil...), un peu d'opéra par ici, deux messes à jouer par là, repas chez popâ moman le samedi et le dimanche midi... Bref, si j'aime glander, ce n'est pas de façon oisive. Mes journées sont tout sauf vides ! Et aujourd'hui je me suis enquillé 6 heures de cours en compagnie d'étudiants on-ne-peut plus vivant qu'il faut canaliser comme des primaires ; éprouvant ! Pour tout dire, j'ai même hésité à me rendre à la salle de sport, mais quand même, si, allez, zou, on passe devant donc on s'y arrête et on va transpirer bien sagement.

Mais tout de même, j'avais pas envie de bosser ce soir. Il me manquait juste un bon argument, un bon prétexte.

 

Un brin de bonne conscience me poussait malgré tout à ne pas sombrer dans une oisiveté morbide et j'envisageai (l'instant de quelques minutes d'égarement) de corriger des copies, les 5 ou 6 de la journée. Rien de mortel ni d'insurmontable.

Fort de cette bonne résolution, je prenai le chemin du retour qui me conduirait de la salle de sport jusqu'à mon petit chez moi douillet.

Après avoir préparé une rapide salade de fenouil et mis des gigolettes de lapin à cuire en compagnie de quelques navets et d'un verre de fond de veau, histoire que tout ça se sente à l'aise dans la cocotte, je m'installai sur le canapé, consultais mes mails et écoutais la météo télévisée.

Un rapide tour d'horizon du net, consultation d'un blog par ici, du Monde par là, puis j'ouvrai malencontreusement la page consacrée au programme TV du soir, me demandant avec lassitude (déjà !) de quelles insipidités télévisuelles mes concitoyens allaient s'abreuver alors que je m'affererais à mes scribouillages pseudo-juridiques.

Je passai assez rapidement sur TF1, France 2, France 3, Canal +, la 5°, lorsque mon attention  fut stoppée nette sur Arte... Noooon ! J'y crois pas ! Ce soir est diffusé un de mes films cultes : "2001 l'odyssée de l'espace".... Déontologiquement je ne peux pas ne pas regarder...

Ha bé, tient, le voilà mon prétexte pour pas bosser ! Et celui là il est en béton armé...

Alors... hop !

 

On peut résister à tout, sauf à la tentation.

Moi, je me fais pas prier !

vendredi 9 novembre 2007

Tant va le staracadémicien à l'eau qu'à la fin il nous les brises

 

Depuis quelques semaines...

...ça a recommencé...

...et ca va encore durer.

 

Nous sommes vendredi soir et déjà dans les foyers de nos chers contemporains, peut être même chez quelques uns de nos lecteurs, la petite lucarne est en mode "on" sur la première chaine de télévision française, TF1, pour suivre avec l'assiduité d'un bon élève, les aventures trépidantes d'anonymes dont le seul objectif pour les semaines à venir consiste en un challenge hors norme : remporter la Star Académie.

Oui, cela fait déjà la 7° année consécutive que TF1 réédite l'exploit de nous abreuver de jeunes braillards dont l'ambition démesurée est souvent inversement proportionnelle à leur talent.

 

Hier soir, après ma séance de correction de copies qui m'a conduit à une heure avancée de la soirée (mon horloge affichait "00:48" lorsque je levais le nez après avoir mis un poiint final à ma corvée), je décidais de faire un ptit tour d'horizon télévisuel avant d'aller rejoindre morphée. Ma télé s'est directement allumée sur la première chaine qui passait un rediffusion de la quotidienne de la Starac. Et là, j'avoue m'être fait prendre au piège comme un lapin de dernière couvée : j'ai regardé. Pour ma défense, je plaiderai une intense fatigue physique et intellectuelle et les rares neurones encore en activité n'ont pas suffit à me faire rebrousser chemin. Je m'affalais donc passivement dans mon canapé et subissais, impuissant, les flots d'images staracadémiesques qui finissaient de me lobotomiser.

Je m'attendais à un ennui profond pour ne rien vous cacher mais fus agréablement surpris. Non, non, les candidats n'ont pas débattu de la critique de la pensée Kelsenienne ni même abordé la très interessante question des droits de l'homme baffoués à Dubaï au nom d'une honteuse vérité officielle. Non, rien de tout cela... Le jour où TF1 fera concurrence à Arte n'est pas encore arrivé, et il n'y a aucun risque à affirmer sans retenue que ce n'est pas demain la veille.

 

Mais alors, qu'est-ce qui a pu rendre cette émission si interessante pour l'auteur de ces lignes, cet être admirable dont les hauteurs intellectuelles ne font aucun doute ? (méééééééééheeeeeu.... )

 

Hé bien, deux séquences d'une violence rare ont suffit à mon bonheur.

Tout d'abord, un coup de bec asséné par le prof de sport qui, énervé par les absences chroniques de certains candidats aux cours qu'il dispense, leur a laché en pleine gueule " Vous êtes une bande de petits cons ". Pas moins... Violent, frontal, sans concession. Jouissif !

Quelques minutes plus tard c'était au prof de chant, une espèce de nounours placide et paternel qui, lui aussi exacerbé par l'attitude des candidats leur a simplement dit " vous me gonflez... " sans esquisser le moindre sourire pacificateur. Nettement moins choc, moins cru, mais dans sa bouche cela semblait être, dans son echelle de Richter à lui, d'une magnitude exceptionnellement élevée, frisant la masse critique.

 


 

 

Hé oui, car ils sont nombreux à s'estimer les élus d'un processus médiatico-mercanle titanesque dont ils ne sont qu'un pion sans importance, intervertible, jetable et remplaçable ad nutum,  et dont personne ne se souviendra d'ici quelques mois, retournant invariablement dans l'anonymat duquel ils n'auraient jamais dû sortir.

 

En attendant ils nous cassent les couillles et les oreilles !

 

Certes, je ne suis pas obligé de regarder ni d'écouter... oui... c'est vrai. Mais un petit coté sadique chez moi me conduit inconsciemment vers ce programme que j'adore détester. Allez comprendre !