L’année nouvelle est souvent l’occasion de prendre de bonnes et saines résolutions histoire de se donner bonne conscience et d’essayer de se convaincre que l’on ne retombera pas dans les mêmes écueils de l’an passé, voire de l’année d’avant et de toutes celles les ayant précédées ( car oui, l’homme est faible… argh ! ) et tenter de faire en sorte que les 365 jours à venir seront fondamentalement différents de ceux écoulés. Si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué dans un billet précédent ma brillante démonstration vous prouvant qu’il n’en était évidemment rien, que tout change mais dans la plus stricte continuité…
Comme tout bon crétin qui se respecte, j’ai moi aussi pris quelques résolutions. Hop ! Attention, 2009 sera placé sous les auspices de la rupture… J’ai renoncé à faire anoblir un caniche, empailler une pieuvre, dompter une poule ou encore ranger ma chambre… A l’impossible nul n’est tenu. Je me suis penché sur des choses qui me correspondent davantage, z’allez voir ça :
0/ En prélude à ma litanie, j’ai décidé cette année de vraiment prendre soin de moi… et d’envoyer bouler pas mal de choses parasitaires qui encombrent inutilement l’existence. Cette semaine je suis allé voir le film Autralia et une réplique dit grosso modo qu’il ne faut pas un jour se rendre compte qu’on est devenu médiocre… La médiocrité : la moyenne à son plus bas niveau, selon Albert Brie. Et en ce moment j’ai l’impression que rester sur le cap qui est établi me conduit irrépressiblement vers quelque chose de totalement insatisfaisant, une vie maigre et sans relief ni envergure, faite de petitesses et de frustrations. Ma soif d’épanouissement est bien trop intense pour me contenter des miettes d’ersatz dont on m’abreuve. De ceci découle ce qui suit.
1/ Après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas continuer mon expérience au sein de la Vénérable Institution Toulousaine qui m’exploite honteusement me sous-paye depuis maintenant un an et demi. J’ai malheureusement la chance d’être en CDD et mon contrat s’arrête en juillet. Je ne re-signerai pas pour la rentrée 2009-2010 qui se fera sans moi. J’ai beaucoup hésité, tordu le problème dans tous les sens, pesé le pour et le contre, mais je ne vois pas d’autre solution : si je veux terminer ma thèse une bonne fois pour toutes, il me faut du temps pour travailler efficacement, beaucoup de temps… TOUT mon temps. Une année sabbatique sera la bienvenue pour remédier à ce fardeau. Car mon Doctorat est la clé qui me manque pour enfin m’évader sur des sentiers qui me tendent les bras depuis un bon moment ; le temps des résolutions radicales a sonné ! Il ne fait guère de doute que ma décision ne va pas plaire à tout le monde, que ça va faire pas mal de remous, mais nul n’est irremplaçable ! Ils se débrouilleront parfaitement. Et bon vent à eux ! D’autres raisons me poussent également vers la porte de sortie, notamment le fait qu’aller bosser là bas me fatigue rien que d’y penser… Si c’est pas un signe de lassitude ça ! Il y a d’autres raisons qui relèvent davantage de la politique menée dans la faculté dont j’ai la charge et avec laquelle je me trouve en désaccord croissant mais qui n’ont pas leur place ici.
2/ Prendre soi de moi donc, à commencer par ce que je peux faire moi même… perdre du poids ! Parce que crénom de nom, en me voyant sur certaines photos récentes je commence à me faire peur. Et mon jean me l’a rappelé encore l’autre jour… ”Aoutch, mais il est où mon jean en taille quarante [tûûûûûût] ? Ha bé non, c’est bien celui là… “ Donc, haro sur la malbouffe, on surveille sa gamelle et on intensifie un peu la muscu ! Objectif : être sec et strié en juin ! Nan je déconne… Heureusement que ma carrure d’armoire à glace me permet d’encaisser sans trop de disgrâce quelques rondeurs superflues. Allez, dans quelques semaines il n’y paraîtra plus !
3/ Enfin, last but not least, sachez que mon coeur est à prendre, et que toutes les propositions seront étudiées ^^ Ma troisième et dernière grande résolution pour 2009 est donc de ne pas rester célibataire, parce que zut, peste soit de la solitude ! Hé oui, derrière ce grand gaillard aux allures de pilier de rugby, il y a un ptit coeur tendre qui bat qui ne demande qu’à recevoir des câlins et qui et tout disposé en en prodiguer en retour autant que de besoin. Prince charmant si tu m’entends, magne toi, c’est par ici que ça se passe !! Je sais qu’en la matière on ne décide finalement pas de grand chose, mais il faut peut être savoir provoquer les occasions…
Voili voilou pour mes grandes orientations de l’année. Rien de très original en fait…
re-argh… je suis déjà médiocre !

L'autre jour alors que je flânais dans le XI° arrondissement, étant un peu en avance sur mon rendez-vous, je passais par hasard devant une librairie spécialisée en mangas et sachant que mon retour en train serait d'un ennui mortel si je n'avais rien à me mettre sous la dent, poussais la porte afin de me ravitailler. Au détour d'une étagère, après m'être arrêté quelques instants sur les art-book de Miyazaki (il me les faut, il me les faut !!), je tombais nez à nez avec un bouquin à l'illustration aux jolies couleurs, d'une femme habillée de rouge, le sourire aux lèvres, les nattes de son chapeau flottant au vent, et appuyée de la main à la branche d'un arbre. Un bandeau bleu annonçait "par l'auteur de Akira". Mon sang ne fit qu'un tour et j'acquerrai l'ouvrage sans même prendre le temps de le feuilleter.
Quelques unes des nouvelles ont particulièrement retenu mon attention. Elles ne sont pas toutes du même niveau ni de la même inspiration. On y croise dans Chronicle Of The Planet Tako, les drôlatiques aventures des Tako et des Ika, sortes de poulpes extraterrestres d'un autre monde qui se disputent une planète vivrière et qui m'a parfois fait penser à nos Shadoks, l'absurde y étant ici beaucoup moins présent, avant que, dans un second volet, les Tako n'accèdent à la démocratie, subtile critique de nos sociétés modernes et des luttes fratricides (poulpicides ?) pour le pouvoir.
On retrouve la même ambiance pesante dans Fire Ball (1979) qui préfigure ce que sera Akira : une guérilla urbaine au coeur d'une méta-structure d'immeubles gigantesques, la présence de personnages aux pouvoirs psychiques étonnants, les recherches secrètes de l'armée, l'annonce de la fin du monde (les séquelles de la bombe atomique ne sont pas encore digérées), des séquences d'action à couper le souffle, du viscéral organique, et une ambiance pesante de bout en bout. Tout ces éléments se retrouvent intégralement dans une autre BD de Otomo : Dômu - Rêves d'enfants, publié un peu avant Akira dont il n'est en sorte qu'une répétition générale.


